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Plusieurs décennies après la première mission lunaire, pourquoi l’Est et l’Ouest semblent-ils s’y intéresser de nouveau? Décryptage de Jean-François Geneste, PDG du World Advanced Research Project Agency, ancien vice-président et directeur scientifique d'Airbus, pour Le Désordre mondial.

Nous célébrons ce mois-ci le soixantième anniversaire de la première sortie dans l’espace d’un être humain.

Le 12 avril 1961, Youri Gagarine, cosmonaute soviétique, effectuait une orbite complète autour de la Terre à bord de la capsule Vostok 1. Ne voulant pas être en reste, les États-Unis ont envoyé Alan Shepard dans l’espace sur le vaisseau spatial Freedom 7 le 5 mai 1961. 60 ans plus tard, la course à l’espace est-elle à nouveau à l’ordre du jour? Le 9 mars dernier, la Chine et la Russie ont annoncé leur intention de construire une base lunaire commune. Est-ce donc une coïncidence si ce 16 avril, la NASA a annoncé que la société SpaceX d’Elon Musk avait remporté un contrat de 2,9 milliards de dollars pour construire un vaisseau spatial afin d’amener les Américains sur la Lune? 

Ressortez les pattes d’eph’, les bandanas et les lunettes aviateur, ça sent le retour des années 1960!

Jean-François Geneste, PDG du World Advanced Research Project Agency (Warpa), ancien vice-président et directeur scientifique d'Airbus, explique que l’Est et l’Ouest ont deux façons différentes d’appréhender la conquête spatiale:

«Dans les systèmes russes et chinois, très étatiques, on n’a pas besoin de retour sur investissement pour faire du spatial. Dans le système américain, en revanche, il y a nécessité de rentabiliser. La base lunaire sino-russe est une base expérimentale scientifique dans la tradition d’un certain nombre de pays de science internationale et universelle alors que côté américain, c’est une exploitation purement commerciale.»

Quel est l’intérêt des États-Unis d’envoyer des astronautes sur la Lune? Jean-François Geneste explique que dans le système américain, il faut impérativement un retour sur investissement:

«Pour justifier la conquête spatiale, ils ont trouvé l’exploitation minière des astéroïdes et ils ont, comme à leur habitude, agi de manière unilatérale en disant: "on privatise l’espace, premier arrivé premier servi". Les astéroïdes valent des centaines, des milliers de dollars du fait des matériaux rares sur Terre qu’ils contiennent. Donc marier la conquête spatiale, stratégique, en lui donnant une possibilité de retour sur investissement est finalement une bonne équation.»

Comment expliquer le partenariat entre la Chine et la Russie pour un projet de base lunaire?

«La Russie est sur sa ligne scientifique et la Chine a de meilleures perspectives financièrement, elle se sert de la Russie comme d’un levier. La Chine est dans la compétition mondiale, y compris dans l’espace pour les ressources, même s’ils ne l’affirment pas aujourd’hui», estime le PDG du Warpa.

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Tags:
espace, Lune, Russie, Chine, États-Unis
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