International
URL courte
Par
7624
S'abonner

Alors que plusieurs chefs d’État se disent favorables à la levée des brevets sur les vaccins, les grands groupes pharmaceutiques freinent des quatre fers.

Tandis que l’épidémie de Covid-19 connaît une flambée en Inde, au Népal et dans plusieurs pays en voie de développement, des voix s’élèvent pour que les brevets sur les vaccins soient levés. Le 5 mai, les États-Unis se sont déclarés favorables à une levée des droits de propriété intellectuelle, par la voix de la représentante américaine au Commerce, Katherine Tai.

Mais la prise de position de Washington a immédiatement entraîné la réaction des grandes groupes pharmaceutiques. La Fédération internationale de l'industrie pharmaceutique (IFPMA), qui compte dans ses rangs les laboratoires AstaZeneca, Pfizer ou Johnson & Johnson a ainsi qualifié de «décevante» la décision américaine, dans un communiqué. L’organisme affirme notamment que la levée de brevet est une «solution simple mais erronée», qui n’accélèrera pas la production de vaccins. 

Big Pharma se justifie en affirmant que l’arrivée de nouveaux concurrents sur le marché entraînera des difficultés d’approvisionnement.

«Nous sommes déjà sous tension pour nous approvisionner. Donc, s'il y a plus d'acteurs qui demandent des matières premières, ça ne va pas améliorer la situation», expliquait ainsi à RFI Stéphane Bancel, le PDG de Moderna, fin avril.

La possibilité de voir surgir sur le marché des «vaccins contrefaits» a également été évoquée dans un communiqué par Stephen Ubl, président de la fédération américaine de l'industrie pharmaceutique (PhRMA).

L’annonce américaine n’a pas manqué de faire plonger en Bourse le cours de plusieurs grands groupes pharmaceutiques, rapporte CNBC. Moderna a été particulièrement touché, s’écroulant de plus de 6% le 5 mai.

Macron et Poutine favorables, l’UE veut en discuter

Mi-avril, plusieurs personnalités avaient déjà publié une tribune dans le Financial Times à destination de Joe Biden, pour réclamer la levée des brevets. Le texte avait notamment été signé par François Hollande, Mikhaïl Gorbatchev et divers prix Nobel.

Les événements se sont accélérés ces dernières 24 heures, plusieurs chefs d’État se prononçant en faveur d’une levée de la propriété intellectuelle. Emmanuel Macron a ainsi déclaré vouloir faire du vaccin «un bien public mondial», lors d’une visite au nouveau vaccinodrome de la Porte de Versailles. Le Président a cependant ajouté qu’il ne fallait pas négliger le «don de doses», pour notamment permettre de «vacciner tous les soignants en Afrique».

Une évolution dans le discours du Président, qui s’était dit opposé à la levée des brevets, le 23 avril, dans un message enregistré pour une conférence de l’OMS.  Emmanuel Macron misait alors plutôt sur le transfert de technologie.

Du côté de Bruxelles, l’UE est également «prête à discuter» d’une levée des brevets, a déclaré la présidente de la Commission européenne, Ursula van der Leyen. Une idée qui séduit également Moscou, Vladimir Poutine ayant demandé à la vice-Première ministre russe, Tatiana Golikova, de se pencher sur le problème, lors d’une vidéoconférence.

Lire aussi:

Covid-19: «la stratégie de la peur», dernier outil d’«une élite dépassée»? – vidéo
Paris: une femme heurtée par une trottinette électrique est dépouillée avant de mourir
La Pologne enverra des drones turcs protéger les frontières est de l’Otan
Tags:
propriété intellectuelle, Moderna, pharmaceutique, vaccin, Covid-19
Règles de conduiteDiscussion
Commenter via SputnikCommenter via Facebook