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Le gouvernement indien reconnaît le caractère épidémique de l’explosion de mucormycoses dans le pays pour appeler les régions les plus touchées à prendre des mesures sanitaires appropriées. Des médecins européens élaborent des recommandations de traitement de la maladie couplée au Covid-19 mais il n'y aurait pas de risques importants pour l’Europe.

Sur fond d’explosion de cas de mucormycose dans le pays, le gouvernement de l’Inde a envoyé le 20 mai des directives à tous les États et territoires de l’Union pour déclarer le statut épidémique de la mucormycose, ou «champignon noir».

«Tous les établissements de santé et toutes les écoles de médecine publics et privés doivent suivre des directives de dépistage, diagnostic et gestion de la mucormycose», a déclaré aux autorités régionales et territoriales de la République fédérale de l’Inde le co-secrétaire du ministère de la Santé, Lav Agarval.

Tous les cas potentiels et confirmés de «champignon noir» chez des patients en voie de rétablissement après le coronavirus doivent maintenant être déclarés par les institutions médicales locales auprès du ministère de la Santé indien.

Selon les médias indiens, il n’y pas encore de statistiques officielles du nombre de cas de mucormycose au niveau national, mais plus de sept milles infections ont déjà été recensées.

Les États de l’Inde qui enregistrent le plus grand nombre d’infection par le «champignon noir» sont le Maharashtra (environ 1.500, et 90 décès), le Gujarat (au moins 900 infections et 61 décès), et le Madhya Pradesh (quelque 575 infections et 30 décès), soit dans l’ouest et le centre du sous-continent indien.

Des compagnons mortels du Covid-19

Une équipe internationale de chercheurs a effectué une série d’études pour constater que la pandémie de Covid-19 avait fait augmenter la quantité de signalements d’infections fongiques dans plusieurs pays.

Ces études ont été publiées dans une édition spéciale de la revue médicale spécialisée Journal Fungi, intitulée Infections fongiques compliquant le Covid-19.        

Elle traite notamment de la croissance explosive des candidoses impliquant l’espèce Candida auris et des mycoses, provoquées par le champignon filamenteux Aspergillus, chez des patients contaminés par le coronavirus et placés en soins intensifs.

Les études constatent un taux important de mortalité en phase critique lorsque, suite à la diminution de l’immunité et une thérapie à base d’antibiotiques et de corticoïdes, le coronavirus est compliqué par une mycose. Et de souligner l’importance d’un dépistage précoce de l’infection fongique et d’un traitement adapté.

Contacté par le journal russe Izvestia, le titulaire de la chaire de mycologie clinique, d’allergologie et d’immunologie de l’université de médecine de Saint-Pétersbourg, Nikolaï Klimko, a informé qu’une infection fongique pourrait augmenter la létalité des patients en réanimation de 16-25%.

Représentant de la Russie à la Confédération européenne de mycologie médicale (ECMM), M.Klimko a indiqué aussi que l’équipe de l’ECMM avait établi un lien direct entre la propagation du Covid-19 et la croissance de mycoses, y compris de mucormycoses, pour élaborer des recommandations de diagnostic et de traitement des infections fongiques associées au coronavirus. D’après le spécialiste, un nouvel article en la matière devrait paraître prochainement dans la revue médicale The Lancet.

Une nouvelle épidémie de mucormycose?

Le chef de département de l’Agence fédérale biomédicale russe (FMBA), Alexandre Melnikov, a expliqué aux journalistes que plusieurs pays européens enregistraient et décrivaient au cours de la pandémie de Covid-19 une certaine augmentation des mucormycoses chez des patients en phase de risque. Ces cas sont pourtant considérés par des spécialistes internationaux comme des complications post-coronavirus et leur traitement comme ne possédant pas de dimension épidémique indépendante, indique le responsable de la FMBA.

Selon M.Melnikov, l’Europe court toujours le risque de nouvelles vagues de Covid-19 mais ne sera pas menacée par le «champignon noir» qui ne représente pas un danger transmissible d’un être humain à un autre.

Le chef du Laboratoire de génétique de l’Institut de physique et de technique de Moscou (MFTI), Pavel Volchkov, ajoute auprès d'Izvestia que, de par sa nature, le mucormycose est bien plus répandu dans les pays tropicaux avec des températures et une humidité élevées, le climat tempéré de l’Europe ne favorisant pas la propagation de cette maladie.

Des conclusions qui soulagent à peine l’Inde qui, même avant la crise sanitaire du Covid-19, détenait le plus fort taux d’incidence de mucormycoses au monde.

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Tags:
lutte contre les infections, Europe, Covid-19, Inde
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