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Certains États du G7 ont fait front commun devant une nouvelle cible: la Chine. Pourtant, des divergences au sein des pays membres persistent sur la pertinence d’une telle stratégie. Décryptage de Jean-Christophe Bas, PDG de Global Compass et ancien chef du dialogue politique à la Banque mondiale, pour Le Désordre mondial.

Les chefs d’État du Canada, de la France, de l’Allemagne, de l’Italie, du Japon, du Royaume-Uni, des États-Unis, ainsi que le président de la Commission européenne, se sont réunis à Cornwall en Angleterre pour tracer une voie commune lors du sommet du G7.

Une réunion qui ressemble fort à une opération de communication permettant aux dirigeants occidentaux de présenter un front uni contre toutes les forces qui font obstacle à leur programme, y compris éventuellement leurs propres peuples. Plus discrètement, le G7 est l’occasion de ménager des tête-à-tête en marge des réunions officielles pour aplanir les différends bilatéraux.

Avant d’analyser les enjeux de ce sommet, Jean-Christophe Bas, PDG de Global Compass et ancien chef du dialogue politique à la Banque mondiale, se dit surpris que cette rencontre ait pu se tenir:

«Tout d’abord parce que le G7 n’a pas pu se tenir physiquement au cours de l’année passée, du fait du Covid, mais également parce que les participants sont obligés de donner une façade de consensus. Un agenda était très clair, en tout cas pour le Président Biden, de montrer un front uni des démocraties face au monde émergent, malgré les grains de sable comme notamment le Brexit, les engagements sur le climat, le Covid.»

L’objectif de ce sommet, en invitant des pays comme l’Inde, l’Afrique du Sud, la Corée du Sud, était de montrer que le G7 était capable de manifester une certaine ouverture:

«Sauf vis-à-vis de la Chine bien sûr puisque tout l’objectif de ce sommet c’était justement de rassembler la famille pour pouvoir commencer le bras de fer. C’est d’ailleurs une stratégie qui divise. Par exemple, Emmanuel Macron estime qu’il ne faut pas considérer la Chine comme un adversaire. Un rival certes, mais pas un adversaire», précise Jean-Christophe Bas.

Et d’expliquer les angles morts d’une telle stratégie:

«Je crois qu’il y a un risque aujourd’hui de voir renaître un monde bipolaire. Pour ceux qui ont la mémoire du XXe siècle, on a vu ce qu’était un monde bipolaire qui divisait l’Est et l’Ouest. Cette situation se fait au détriment du développement, du progrès humain, de la solution ou des réponses qu’il faut apporter aux enjeux globaux. Aujourd’hui, deux menaces majeures existent: le Covid et le climat. Instaurer un climat de tensions et de rivalité alors qu’il y a des enjeux majeurs ne me semble pas raisonnable ni en conformité avec les attentes des populations.»

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Tags:
Joe Biden, Vladimir Poutine, Chine, G7
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