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Près d’une personne contaminée sur deux a déjà été vaccinée en Israël. Plus contagieux, le variant Delta serait principalement en cause. Comme au Royaume-Uni, où la couverture vaccinale est l’une des plus importantes au monde. Le variant indien qui inquiète la planète pourrait-il mettre en échec la stratégie vaccinale de la France?

Ces deniers jours, Israël connaît une recrudescence des cas de Covid. 125 nouveaux cas recensés lundi 21 juin, 110 personnes le lendemain, qui ont poussé le Premier ministre israélien Naftali Bennett à parler de «nouvelle vague». Une qualification excessive au regard d’un chiffre aussi faible, mais qui s’explique dans la mesure où il est 5 à 10 fois plus élevé que les trois dernières semaines du mois de juin. Plus problématique encore, près de la moitié de ces nouvelles personnes contaminées auraient déjà été vaccinée auparavant.

«40% des nouveaux cas sont des personnes vaccinées, ce qui signifie que le variant est très contagieux […] Nous ne sommes pas inquiets, mais vigilants», déclarait lundi au micro de Radio 103FM le professeur Gabi Barbash, ancien directeur général du ministère israélien de la Santé.

Une hausse imputée au désormais célèbre variant Delta, anciennement nommé «variant indien», qui poursuit sa propagation dans toute l’Europe. La Russie fait également face à la diffusion de ce variant: 90% des nouveaux contaminés à Moscou le sont par cette souche. Selon les autorités de la capitale, pour résister au variant Delta, il faut une immunité deux fois forte que pour combattre le variant d’origine de Wuhan.

​Au Portugal aussi le rebond épidémique (+54%) est imputé à la circulation de cette nouvelle mouture du coronavirus. Minoritaire pour le moment en France, le variant est néanmoins surveillé de près par les autorités sanitaires, qui suivent avec intérêt la situation en cours en Israël et en Grande-Bretagne. 

Face au variant Delta, tous les vaccins ne sont pas égaux

Plus contagieux et plus virulent, le variant Delta est aujourd’hui majoritaire en Grande-Bretagne. En quelques semaines seulement, cette nouvelle souche a remplacé les autres variants, jusqu’à représenter 90% des cas d’infection par le virus SARS-CoV-2. À l’origine d’un rebond épidémique dans le pays, le variant Delta a poussé Boris Johnson à retarder la dernière étape du déconfinement, en reculant sa date du 21 juin au 19 juillet 2021. Et ce dans un pays où 60% de la population a pourtant déjà reçu ses deux injections de vaccin. Au mois de juin, une étude publiée dans la revue The Lancet avançait déjà que le variant ciblé résistait visiblement davantage que d’autres aux vaccins.

​De quoi mettre en échec toute la stratégie vaccinale du Royaume-Uni? Pas vraiment.

La grande majorité des nouvelles contaminations au Royaume-Uni concerne les personnes de moins de 40 ans et les moins vaccinées. Sur les 53.000 derniers contaminés, près de 70% n’étaient pas vaccinés, selon les autorités sanitaires britanniques, et 25% n’en étaient qu’à leur première dose.

«Avec une seule dose, on atteint environ 30% de protection vaccinale face à ce variant avec un vaccin à ARN Messager», explique à La Dépêche Benjamin Davido, infectiologue au service des maladies infectieuses et tropicales à l’hôpital Raymond-Poincarré (AP-HP) à Garches.

Selon l’infectiologue, les vaccins à ARN Messager «produisent plus d’anticorps neutralisants», ce qui pourrait expliquer une moindre efficacité du vaccin «classique» AstraZeneca (sans ARN messager) qui, même avec deux doses, offrirait une protection avoisinant les 40%. Le laboratoire anglo-suédois prétend de son côté que son vaccin est efficace à 92% contre le variant Delta. Quoi qu’il en soit, avec deux doses de Pfizer, la vaccination protégerait à 96% du variant Delta.

La France s’inquiète des exemples anglais et israéliens

Reste néanmoins en Angleterre un faible pourcentage –moins de 8%– de personnes contaminées ayant reçu les deux injections. En Israël, également, c’est le vaccin Pfizer qui a été largement distribué, ce qui n’a pas empêché ces nouveaux vaccinés d’être contaminés. Mais sans formes graves, visiblement, puisque le nombre d’hospitalisations n’a pas augmenté en proportion du nombre de nouveaux contaminés. Quoi qu’il en soit, les exemples anglais et israélien révèlent que la vaccination ne protège pas à 100% contre le risque d’être infecté.

​Qu’en est-il en France? Le variant Delta ne constitue encore que 2 à 4% des contaminations dans tout le pays. Or, mardi 22 juin, Dominique Costagliola, épidémiologiste et directrice de recherche à l’INSERM, déclarait sur France Info qu’à l’exemple du variant anglais devenu majoritaire, «cela paraît très probable» qu’il en soit bientôt de même en France pour le variant indien. Le délai imposé entre deux doses de vaccins Pfizer et Moderna pourrait en effet lui permettre de se propager plus rapidement.

C’est la raison pour laquelle le gouvernement, face à l’exemple anglais, a décidé de passer de 35 à 21 jours le délai pour recevoir la seconde dose afin de renforcer l’immunité des vaccinés. Le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, déclarait ainsi ce mercredi 23 juin sur BFMTV-RM que le variant Delta «doit nous préoccuper»: «il y a une vigilance absolue autour de ce variant dont on sait maintenant qu’il est plus contagieux que le variant anglais», a-t-il ajouté.

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Pfizer, AstraZeneca, anti-vaccins, vaccination, Covid-19
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