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À peine rentré aux États-Unis après la décision des Présidents Poutine et Biden de faire retourner à leurs postes les ambassadeurs des deux pays, le chef de la mission diplomatique russe s’est attaqué au problème de la propriété diplomatique de la Russie saisie aux USA.

L'ambassadeur de Russie aux États-Unis, Anatoli Antonov, a déclaré que l’affaire de la propriété diplomatique de la Russie dans le pays était toujours au point mort et que la direction du département d'État avait fait connaître son refus de la restituer.

«C'est l'un des plus grands agents irritants, la question a été sérieusement soulevée par notre Président et notre ministre des Affaires étrangères. Moi aussi je l’ai évoquée au département d'État. Je veux vous dire simplement, mais que ce soit clair pour tout le monde: il n'y a aucun avancement dans le domaine de la propriété diplomatique», a-t-il indiqué sur la chaîne YouTube Soloviov Live.

Le département d'État a déclaré sans ambages que la propriété diplomatique ne serait pas rendue, a-t-il noté.

«La direction du département d'État m'a clairement dit: ˝Nous ne vous restituerons pas la propriété. Vous avez des bâtiments; vendez-les et pensez à ce que vous voulez acheter˝», a poursuivi Anatoli Antonov.

Il a relevé également les difficultés auxquelles se heurtait la vente de la propriété diplomatique.

«Vous imaginez ce que c’est que de vendre des espaces situés près de Washington, où nos enfants se reposaient pendant les jours de chaleur en été? Il faut les vendre, puis cet argent ira au budget, puis ce dernier débloquera moins de ressources qui rendront impossible l’achat d’une propriété. Et d’ailleurs qui va construire? D'un point de vue pratique, je ne vois pas la fin de cette histoire», a résumé l’ambassadeur.

Il a précisé qu’il y avait des gens qui veillaient sur les bâtiments des consulats de Russie à San Francisco et à Seattle, mais que personne ne savait comment ils le faisaient.

«Tous les 15 jours, nous adressons une note pour demander que l'ambassadeur russe puisse pénétrer dans ces bâtiments pour voir ce qu’il s’y passe et tous les 15 jours nous recevons une réponse négative», a ajouté Anatoli Antonov.

«J'ai posé la question à la direction du département d'État: ˝Dites-moi, s'il vous plaît, comment la visite de l'ambassadeur russe peut-elle porter préjudice à la sécurité nationale des États-Unis, d'autant plus que vous confirmez que c’est notre propriété?˝ À ce jour, la position est dure et intransigeante», a-t-il souligné pour conclure.

Une question prioritaire

Dès son retour en juin dernier à Washington, Anatoli Antonov est revenu sur la question.

«Vous vous souvenez du problème de notre propriété qui a été saisie. Nous avons été privés de nombreux bâtiments, de biens immeubles. Nous insisterons et nous ne nous résignerons jamais à une situation où nous sommes privés de la possibilité de disposer de telle ou telle propriété de l'État russe», a-t-il indiqué aux journalistes.

L’ambassadeur russe avait été rappelé en mars dernier pour consultations à Moscou sur fond de dégradation des relations bilatérales après l'entrée en fonction de l’administration Biden. Celle-ci reproche notamment à la Russie d’avoir lancé des cyberattaques et interféré dans l’élection présidentielle aux États-Unis. Par la suite, la Russie avait recommandé à l’ambassadeur américain de rentrer chez lui pour consultations.

Le retour à leur poste des ambassadeurs des deux pays a été décidé à l’issue du sommet de Vladimir Poutine et Joe Biden à Genève.

Installations d’espionnage?

Le «front» de sanctions diplomatiques a été ouvert par Washington contre la Russie à la fin de 2016. L'administration de Barack Obama avait alors expulsé 35 diplomates russes et saisi la propriété de la Russie que les employés de l’ambassade utilisaient comme lieu de repos.

Les autorités américaines affirment que ces bâtiments pouvaient être utilisés à des fins illégales. En juin 2017, les médias américains ont publié des documents affirmant que des installations d’espionnage avaient été découvertes dans ces sites. Toutefois, aucune preuve n’a jamais été présentée officiellement. Le ministère russe des Affaires étrangères a qualifié ces accusations de mensonges.

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saisie, ambassade, États-Unis, Russie
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