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Retour des talibans au pouvoir en Afghanistan, août 2021 (140)
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La conquête quasi totale de l’Afghanistan par les talibans* en quelques jours incombe-t-elle à Washington? Pour Kaneshka Sorkhabi, spécialiste du pays, si la chute de Kaboul résulte des défaillances des élites politiques et militaires afghanes, les États-Unis, par leurs accords avec les islamistes, en sont les premiers responsables. Entretien.

Comment la république islamique d’Afghanistan est-elle tombée si rapidement? Pourquoi l’armée afghane a-t-elle si peu combattu l’offensive talibane? Pourquoi Kaboul, centre névralgique politique et diplomatique, n’a-t-il pas été défendu comme un sanctuaire inviolable par les États-Unis?

Qaurante-huit heures après la prise fulgurante du pays par les islamistes, les zones d’ombre demeurent. Invité de ce nouvel entretien de Lignes Rouges, Kaneshka Sorkhabi, chercheur à l’Institut prospective et sécurité en Europe (IPSE) et spécialiste de Afghanistan, rappelle que les talibans* ont pris le contrôle du pays sans rencontrer de résistance de la part de l’armée afghane. La campagne, davantage marquée par des défections ou des redditions des militaires afghans, n’a vu aucune bataille longue et indécise.

Kaneshka Sorkhabi rapporte que l’armée régulière a souvent reçu la consigne de ne pas intervenir face aux islamistes. Des consignes pouvant provenir des hommes politiques de Kaboul, qui, comme le président Ashraf Ghani, ont fui le pays dès que possible. Une faillite générale qui serait toutefois de la responsabilité directe de Washington selon notre interlocuteur puisque, depuis l’accord de février 2020 entre les États-Unis et les talibans* –dont les termes n’ont, pour l’essentiel, pas été dévoilés– Kaboul, rongé aussi par les dissensions et les rivalités politiques internes, ne croyait plus en une résistance face aux islamistes.

Pour l’heure, l’Afghanistan n’a pas d’État constitué: la république islamique est tombée et les talibans* n’ont pas encore déclaré l’instauration de l’émirat islamique d’Afghanistan. Un vide qui entraîne de facto un lourd problème sécuritaire pour les peuples du pays, prévient Kaneshka Sorkhabi.

Plus d’informations dans ce nouvel entretien de Lignes Rouges.

* Organisation terroriste interdite en Russie.

Dossier:
Retour des talibans au pouvoir en Afghanistan, août 2021 (140)

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Tags:
Afghanistan, parlement afghan, Situation en Afghanistan, Kaboul, Taliban, talibans, États-Unis, président
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