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    Jeunes mal logés

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    Alexeï Makarov
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    Une enquête menée par l'observatoire de la jeunesse solidaire publiée le 17 mars montre qu'en France 7 jeunes sur 10 ont déjà été confrontés à des difficultés au niveau de leur logement.

    Si une grande majorité de jeunes veulent quitter le domicile familial, presque un tiers d'entre eux, 29%, doivent rester vivre chez leur parents par faute de moyens ou de logements disponibles. L'association a fait le point sur cette situation récurrente et Béatrice Merigot, responsable nationale de la colocation solidaire chez l'association de la fondation étudiante pour la ville, nous a expliqué les grandes lignes du rapport:

    L'un des bilans de l'étude que vous avez faite a montré que 7 jeunes sur 10 en France ont des problèmes pour trouver un logement, quels sont les problèmes principaux?

    Il y a plusieurs causes de non accès au logement pour les jeunes, qui peuvent être à la fois des facteurs discriminants parce qu'ils sont juste jeunes et donc ils ne sont pas prioritaires pour arriver sur le marché du logement, soit ce sont des difficultés d'ordre financier pour avoir trois fois plus de revenu que le loyer pour accéder au logement, soit ce sont des jeunes qui vont pouvoir s'offrir un logement mais qui vont devoir rogner sur leurs soins, leur alimentation, leurs loisirs…

    C'est une situation récente en France?

    Non malheureusement c'est assez récurrent et l'on s'aperçoit que les choses ont tendance à s'aggraver plutôt que de s'arranger. On passe de situations qui étaient plus propres à une catégorie sociale défavorisée à une généralisation du problème. Notamment dans les grandes métropoles sans même parler de Paris même les classes moyennes ont du mal à trouver des logements pour leurs jeunes.

    Quel est le problème, c'est une législation? Pourquoi ne veut on pas louer aux jeunes? Il y a un risque?

    Je pense qu'il y a une image qui est collée à la jeunesse, qui est considérée comme moins solvable, qui va faire plus de bruit qui va s'occuper moins du logement. Sachant que les jeunes se logent en grande majorité dans le privé, ils font donc face à des propriétaires exigeants en terme de garanties et de revenus. Ils se retrouvent avec les logements les plus chers du marché parce que ce sont des petites surfaces où le mètre carré est le plus cher, avec des ressources qui sont souvent pas très importantes, face à des propriétaires qui vont avoir des exigences démesurées par rapport à la situation d'un jeune ordinaire.

    Pourquoi ils s'adressent dans le privé? C'est parce qu'il y a une pénurie dans les autre types de logements?

    Il y a une vraie pénurie parce qu'il y a très peu de logements sociaux qui sont adaptés aux jeunes par la taille, puisqu'on a surtout construit des logements familiaux et aussi par les délais d'obtention d'un logement social qui sont très longs. Les jeunes sont très mobiles et en général quand ils cherchent un logement c'est pour un an, si le délai d'obtention est de deux ans, ils sont déjà partis de la ville. En terme de logements dédiés, par exemple des logements universitaires pour les étudiants, pour les jeunes travailleurs il y a des foyers, tous ces logements sont insuffisants en quantité et sont de toute manière pris d'assaut et ne permettent pas à l'ensemble des jeunes de se loger. Il y a en France 2,5 millions d'étudiants et il y a 170000 places dans le parc Crous, il y a un vrai décalage.

    Selon votre étude comment ils s'en sortent les jeunes? Ils habitent chez leurs parents, ils font de la colocation?

    Il y en a pas mal qui restent habiter chez leurs parents, ils sont souvent issus de familles défavorisés plutôt situés dans des zones périurbaines et rurales et ce sont plutôt qui sont non diplômés et qui ont un emploi précaire. Les autres s'en sortent mieux et il y a ceux qui jouent du système D avec les systèmes de colocation, à Paris il y a beaucoup de jeunes qui louent des logements chers et qui sous-louent le weekend, il y a un système de débrouilles qui n'est pas du tout une solution pérenne. 

    Tags:
    jeunesse, logement, Béatrice Merigot, France
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