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Le représentant du Front Polisario à Madrid a estimé lors d’un point-presse que la position exprimée par le Premier ministre espagnol à l’Assemblée générale de l’Onu sur le Sahara occidental était «dépourvue de courage» politique car omettant le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination.

Contrairement à son discours de 2019 à l’Onu, le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez a fait l’impasse sur le droit du peuple sahraoui à l'autodétermination dans le cadre d’un référendum, lors de son intervention du 25 septembre par visioconférence à l'occasion de la 75e session de l’Assemblée générale des Nations unies.   

Le représentant du Front Polisario à Madrid, Abdoullah Arabi, a vivement réagi lors d’un point-presse au discours du chef de l’exécutif espagnol, dénonçant une «position dépourvue de […] courage» politique.

«C’est une position timide et dépourvue de courage […] Le gouvernement espagnol continue ainsi de se soustraire à ses responsabilités politiques et juridiques concernant le Sahara occidental», a affirmé M.Arabi.

Pour le responsable sahraoui, «l’échec du processus pacifique» dans la résolution du conflit au Sahara occidental est dû à «l’indifférence» de l’Espagne. En tant que «puissance [coloniale, ndlr] administratrice» du territoire du Sahara occidental, elle devrait s’acquitter de sa responsabilité  de soutien aux revendications légitimes du peuple sahraoui.

L’Espagne récuse toute responsabilité

Début août, le sénateur de la formation indépendantiste basque EH Bildu, Gorka Elajabarrieta, avait adressé une question écrite au gouvernement espagnol en sollicitant des éclaircissements sur la responsabilité de l’Espagne quant à l’administration du territoire du Sahara occidental.

«L’Espagne se considère détachée de toute responsabilité internationale en matière d'administration du Sahara Occidental depuis la lettre adressée le 26 février 1976 par le représentant permanent de l'Espagne auprès des Nations unies au secrétaire général de l'Onu», a répondu l’exécutif espagnol, selon le site d’information Yabiladi.

Dans le même sens, le 24 janvier lors de sa visite officielle à Rabat, la cheffe de la diplomatie espagnole, Arancha Gonzalez, a expliqué que la position de son pays sur cette zone «était une politique d'État qui n’était pas tributaire des changements de gouvernement ou de coalition».

Le discours de Pedro Sanchez

Lors de son allocution à la 75e session de l’Assemblée générale de l’Onu, le Premier ministre espagnol a défendu le principe d’une «solution politique, juste durable et mutuellement acceptée, conformément aux résolutions du Conseil de sécurité» au conflit au Sahara occidental. Néanmoins, contrairement à son discours de 2019, il a évité de mentionner le droit à l'autodétermination du peuple du Sahara occidental et l’organisation d’un référendum. 

En septembre 2016, le roi Philippe VI d’Espagne avait défendu à la tribune de l’Onu le droit à l’autodétermination de ce peuple.

Le conflit au Sahara occidental envenime les relations entre le Maroc et l’Algérie depuis 1975. En effet, le royaume chérifien revendique sa souveraineté sur ce territoire et défend un plan d’autonomie pour régler le conflit. Le Front Polisario exige pour sa part la libération de «l’occupation marocaine», demandant, conformément aux résolutions du Conseil de sécurité de l’Onu, l’organisation d’un référendum d’autodétermination du peuple sahraoui. Cette démarche est également soutenue par l’Algérie dans le cadre du droit international.

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Front Polisario, Pedro Sanchez, conflit au Sahara occidental, Sahara occidental, accords UE-Maroc, Maroc
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