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David –ou Dadi– Barnea est devenu le 13e patron du Mossad, la célèbre agence de renseignement, succédant à Yossi Cohen, dont le mandat s’achevait fin mai. Le nouveau chef des services secrets israéliens servira son pays pendant cinq ans et devra gérer un certain nombre de problèmes de sécurité, notamment le Hamas au Sud et le Hezbollah au Nord.

Cela fait une semaine que Yossi Cohen, ancien chef du Mossad, a quitté son poste. Les rumeurs disent qu’il s’engagera désormais dans une carrière politique: peut-être rejoindra-t-il le Likoud, le parti de Netanyahou, ou bien créera-t-il son propre parti, après avoir traversé une «période de refroidissement» de trois ans.

On se souviendra de Cohen comme de l’un des meilleurs chefs du Mossad. C’est sous sa direction que l’agence de renseignement a fait irruption dans un entrepôt iranien en 2018 et a subtilisé une demi-tonne de dossiers sur le programme nucléaire de ce pays.

C’est avec Cohen qu’Israël a réussi à obtenir des millions de masques, de kits de test et d’autres équipements nécessaires pour faire face au coronavirus, à un moment où d’autres pays luttaient pour rester à flot. Et c’est lui qui a joué un rôle central dans l’élaboration des accords de normalisation entre l’État juif et un certain nombre de nations musulmanes en 2020.

Amical, mais féroce

Désormais, la responsabilité de la sécurité d’Israël reposera sur les épaules d’une autre personne. David –ou Dadi– Barnea, 56 ans, père de quatre enfants, était l’adjoint de Cohen depuis 2019. Il était donc naturel qu’il assume sa succession. Tout comme les précédents chefs du Mossad, on ne sait pas grand-chose du nouveau responsable de l’une des organisations clandestines les plus renommées au monde.

Au début de son parcours, il a servi dans Sayeret Matkal, une unité d’élite de Tsahal dédiée aux missions de reconnaissance spéciales. À l’époque, il a été félicité pour sa capacité à agir rapidement et à sortir des sentiers battus. Il a ensuite fait ses études et travaillé en tant que directeur commercial dans l’une des banques d’investissement israéliennes.

Ce n’est qu’en 1996 qu’il est recruté par le Mossad, où il était initialement chargé de la collecte de renseignements. De là, la route vers le sommet était toute tracée. Selon certaines informations, Barnea a été remarqué par Meir Dagan, alors dirigeant du Mossad, qui a fait en sorte de le promouvoir à différents postes au sein de l’organisation. C’est lui qui a transféré Barnea à Tsomet, la branche dédiée au recrutement et aux opérations des agents. Tamir Pardo, successeur de Dagan, a également été impressionné par Barnea et celui-ci est rapidement devenu le chef de ce département, qui, sous sa direction, a reçu quatre prix d’État, un exploit inédit jusqu’alors.

Barnea est décrit comme une personne chaleureuse et amicale, qui montre du respect à tous ceux qui l’entourent. Il est innovant, ouvert aux changements et c’est un homme d’action. Mais quand il s’agit de son travail et de la sécurité d’Israël, il est connu pour être féroce, intransigeant et pour avoir «le couteau entre les dents».

Défis à relever

Il devra affronter de nombreux défis sécuritaires. Dans le Sud, il devra faire face au Hamas, un groupe islamique qui contrôle la bande de Gaza. Au cours de la dernière opération militaire, «Gardien des murs», qui est intervenue après une attaque à la roquette du Hamas contre Israël, la puissance militaire du Hamas a été durement touchée, Israël détruisant des kilomètres de ses infrastructures souterraines ainsi qu’un nombre impressionnant de sites militaires et de locaux. Avec les autres agences de renseignement, le Mossad devra s’assurer que le Hamas ne reconstitue pas son arsenal, qui arrive généralement dans la bande de Gaza via la péninsule du Sinaï, en Égypte.

Au Nord, le Mossad devra faire face à la menace croissante du Hezbollah, milice chiite liée à l’Iran. La République islamique a donné à l’État juif de nouvelles raisons de s’inquiéter, notamment après l’assassinat de Mohsen Fakhrizadeh, scientifique iranien de haut niveau tué fin 2020 dans une attaque attribuée au Mossad.

Barnea est bien conscient de ces défis à relever, ainsi que des autres problèmes auxquels son pays est confronté. Selon la loi israélienne, il ne peut pas donner d’interviews ou exprimer son point de vue sur la façon dont il envisage de s’attaquer à ces problèmes, mais lorsque le Premier ministre Benjamin Netanyahou a décidé de le nommer à ce poste, il savait qu’il serait à la hauteur.

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Tags:
services secrets, sécurité, Mossad, Israël
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