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Le Président Biden a bombardé la Syrie et l’Irak sous prétexte de protéger le personnel américain. En même temps, il affirme vouloir acheminer de l’aide humanitaire en Syrie. Le docteur Nabil Antaki, directeur d’un hôpital à Alep, revient sur ce paradoxe et la présence étrangère dans le pays.

Lors du sommet du G7 le 13 juin dernier, Joe Biden a déclaré en conférence de presse: «Il y a beaucoup de choses sur lesquelles nous pouvons travailler avec la Russie. Par exemple, en Libye, nous devrions ouvrir des passages pour pouvoir offrir […] une aide vitale à une population qui est en grande difficulté.»

En fait, par «Libye», la Maison-Blanche a précisé par la suite que Joe Biden voulait dire «Syrie». Une erreur commise à trois reprises consécutives tout de même.

Cela reste toutefois anecdotique face aux enjeux régionaux. Il y a quelques jours à peine, le Président américain a dit qu’il voulait aider les Syriens. Le magazine Foreign Policy a d’ailleurs relaté qu’il avait prévu de faire pression sur Vladimir Poutine lors de leur sommet à Genève pour que ce dernier ne bloque pas les livraisons que Washington qualifie d’humanitaires en Syrie. Biden a-t-il raison de critiquer le rôle de la Russie en Syrie? Le docteur Nabil Antaki, directeur d’un hôpital à Alep et membre de la communauté des Maristes bleus, estime pourtant que les Russes ont «sauvé» les Syriens:

«Personne en Syrie ne réclame le départ des troupes russes. D’abord puisqu’ils nous ont sauvés. Ils nous ont aidés et continuent à nous aider. Et d’autre part, leur présence n’est pas pesante. On les voit très peu, ils sont dans leur base. Personne ne trouve rien à redire à leur présence d’autant qu’elle a été voulue et demandée par le gouvernement légitime de Syrie. Les Américains veulent en fait ouvrir des passages dans le pays sous des prétextes de transport humanitaire. Mais s’ils veulent acheminer de l’aide humanitaire, ils n’ont qu’à passer par le gouvernement syrien.»

Par ailleurs, si les États-Unis voulaient vraiment aider les Syriens, ils auraient peut-être pu commencer par ne pas bombarder le pays. En effet, le 28 juin, Joe Biden a ordonné des frappes aériennes américaines sur la Syrie et l’Irak sous prétexte de protéger les intérêts américains des attaques des milices chiites.

«Ces bombardements nous révoltent parce que nous voyons que les Américains se comportent comme bon leur semble. Personne n’ose leur tenir tête. Et ce qui nous révolte davantage, c’est quand on dit, pour excuser ces bombardements, que ce sont des milices chiites et iraniennes qui sont visées. Mais que ce soit des milices chiites, ou sunnites, ou syriennes, ils n’ont pas à bombarder notre pays», s’indigne Nabil Antaki.

La présence américaine en Syrie est illégitime, insiste notre interlocuteur, décrivant les enjeux de Washington dans le pays:

«Les milices chiites, iraniennes, du Hezbollah, les Russes ont été invités par le gouvernement, ils ne sont pas là en tant qu’envahisseurs. A contrario, les Américains sont en Syrie illégalement. Ils n’ont pas déclaré la guerre à la Syrie mais ils se sont installés pour épauler les milices kurdes et occuper la région des champs pétroliers.»

L’intérêt humanitaire de Biden pour la Syrie est simplement un prétexte, estime le médecin:

«Bien sûr que l’humanitaire n’est qu’un prétexte. Il y a des enjeux géopolitiques qui déterminent la politique américaine. Maintenant nous, en tant que peuple syrien, tout ce qu’on veut, c’est qu’on nous foute la paix. Que les Américains quittent la Syrie et que les Syriens déterminent leur avenir seuls. Ce sont les sanctions occidentales et américaines qui nous tuent, elles ciblent la totalité du peuple syrien qui voit la pauvreté s’aggraver, le coût de la vie augmenter. Il faut que les gens nous aident à faire pression pour lever ces sanctions qui ne servent à rien à part punir le peuple syrien en entier.»

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Tags:
élections, États-Unis, Joe Biden, Bachar el-Assad, bombardement, Syrie
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