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    Temple de Baal (Palmyre)

    Les crimes de guerre de Daesh sont visibles de l'espace

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    Valérie Smakhtina
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    Les djihadistes de l’Etat islamique ont bien rasé le temple de Bêl dans la ville syrienne de Palmyre. Des images satellite diffusées dans la nuit par l’ONU confirment la destruction du « joyau de l'humanité ».

    Sur une image datée du 27 août, on voit une structure rectangulaire entourée de colonnes, alors que sur une autre prise lundi, on ne distingue plus que quelques colonnes, en bordure du site. Erigé il y a 2.000 ans, ce temple est le plus connu des monuments de la ville antique qui est classé au Patrimoine mondial de l'Humanité de l'Unesco et qui était visité, avant la guerre, par 150.000 touristes par an.
    En Syrie, les six sites portés sur la liste du Patrimoine mondial ont été endommagés d'une manière ou d'une autre. Eléonora Mitrofanova, représentante permanente de la Russie à l'Unesco, témoigne: « Même si l'Etat islamique n'est pas responsable de toutes les destructions sur les territoires syriens et irakiens sous son contrôle, on en dénombre désormais des centaines. D'une part, il y a des monuments qui sont dynamités, détruits ou utilisés en tant que places fortes, comme le Krak des Chevaliers. D'autre part, il y a des fouilles archéologiques. »

    La puissante explosion qui a ébranlé l'extraordinaire temple de Bêl n'est pas le premier acte de destruction perpétré en une semaine. Dimanche 23 août, Daesh avait détruit à l'explosif une partie du temple de Baalshamin. Les djihadistes ont diffusé une vidéo montrant le temple était réduit à un amas de gravats.
    L'Unesco dénonce ces « crimes de guerre » comparables à la destruction des valeurs sur le territoire de l'Union soviétique pendant la Seconde guerre mondiale. Néanmoins, l'organisation est pratiquement « incapable d'influer sur la situation dans les conditions de guerre, continue Eléonora Mitrofanova. A l'heure actuelle, il y a l'idée de faire appel à toutes les possibilités de l'ONU pour prévenir les actes de ce genre. Il s'agit plus concrètement d'une force de paix. Moi, je doute de l'efficacité d'une telle approche pour la bonne et simple raison que la force de paix a des objectifs concrets et qu'elle ne peut pas être déployée dans un pays lorsque les combats y font rage. »

    Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a, lui aussi, condamné pillage et maraudage de l'Etat islamique au Proche-Orient et a exhorté l'Unesco « à élaborer des démarches concrètes visant à défendre le patrimoine mondial face à la menace terroriste ». Selon lui, les destructions systématiques à Palmyre mettent en valeur l'aspiration de l'Etat islamique à conquérir de nouveaux territoires et torpillent le fondement de la culture de l'homme.
    Moscou ne cesse pas d'appeler à joindre les efforts « pour contrer le mal », rappelle le chef de la diplomatie russe se référant aux propositions de certains Etats de faire démissionner le président syrien, Bachar el-Assad.

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    Tags:
    explosion, UNESCO, Etat islamique, Sergueï Lavrov, Palmyre, Syrie
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