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    Alain Juppé, la Plaine-Saint-Denis, Juin 2, 2015Nicolas Sarkozy. Archive photo

    UMP-Républicains : le crêpage de chignons se poursuit !

    © AFP 2017 FRANCOIS GUILLOT © AP Photo/ Thibault Camus
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    Plus ça change, plus c’est la même chose. Que Juppé participe ou non aux primaires des « Républicains » selon que les centristes y seront présents ou pas, que ces mêmes primaires, au grand regret de Juppé, se jouent entre Le Maire et Sarkozy, au fond, qu’importe ! Analyse deFrançoise Compoint.

    Ce n'est pas avec des mesures esthétiques que l'on sauve une réputation entachée par Bygmalion ainsi que les soupçons réitérés et renforcés ces derniers mois du financement libyen de Sarkozy mais par des idées tranchant avec les erreurs commises lors du précédent quinquennat: politique désastreuse en Libye, retour dans le commandement intégré de l'OTAN et rapprochement stratégique avec les pétromonarchies. Les erreurs coûtent cher, elles conditionnent en grande partie les enjeux parfois inextricables auxquels nous avons à faire face et qui vont crescendo: désouverainisation de la France, transformation d'un pays naguère prospère, la Libye kadhafienne, en un immense arsenal salafiste aux portes de la Méditerranée, radicalisation des cités aux frais du Qatar.

    Lorsque Sarkozy revêt son parti du fier nom de « Républicains » en faisant passer ladite vertu républicaine avant les valeurs du gaullisme et/ou du libéralisme, il perd en crédibilité, car ne va-t-il pas de soi qu'un parti français est par définition un parti républicain? S'il s'agit d'insister sur la portée étymologique du terme — res publica (bien public) — la nécessité d'afficher un programme répondant aux attentes des Français s'impose de toute urgence. Le flou, voire le vide qui marque la réorganisation d'un parti en scission partielle profite merveilleusement au PS qui pourra en faire ses choux gras d'ici 2017.

    Pascal Mas, observateur de la politique internationale, nous a livré son analyse de la situation.

    Radio Sputnik. « D'après un sondage qui a été réalisé par Adoxa pour le Parisien, Alain Juppé serait en tête des intentions de votes aux primaires de l'UMP. Est-ce que selon vous ce genre de résultats refléterait les aspirations politiques des Français?

    Pascal Mas. Je vais faire une première remarque. D'abord, faire des sondages deux ans avant les présidentielles, cela ne rime à rien. On se souvient qu'en novembre 1994 Jacques Chirac était complètement délaissé, il y avait même Mme Sinclair qui avait demandé s'il serait toujours candidat et finalement, au mois de mai, il était élu Président. Les sondages ne sont que des sondages, cela permet en même temps de créer des éléments s'il n'y en a pas. La presse française, surtout les commentateurs politiques, on l'habitude de monter en épingle des personnages en fonction de leurs intérêts ou de leur curiosité et ensuite de les détruire. Je pense que monter en épingle Alain Juppé n'a qu'une intention finale qui est celle de nuire à Nicolas Sarkozy. De plus, lorsqu'on dit les intentions de votes aux primaires de l'UMP, cela concerne un nombre infinitésimal de Français. Ce n'est pas un sondage qui est fait sur l'ensemble des Français mais sur des sympathisants qui se sont déclarés comme tels de l'UMP, ce qui n'est donc nullement représentatif de la population.

    Radio Sputnik. Que pensez-vous de la montée en puissance de Bruno Le Maire et de NKM? Auraient-ils la carrure pour concurrencer Alain Juppé?

    Pascal Mas. Bruno Le Maire à une stratégie discrète de petits pas depuis déjà plusieurs années. Il était candidat pour la présidence de l'UMP, il est arrivé juste derrière Nicolas Sarkozy et il a une forte implantation en province. Alors que l'UMP est un parti très parisien — il l'est toujours d'ailleurs — avec une direction très parisienne, Bruno Le Maire se positionne plutôt à la fois dans les zones rurales puisqu'il est élu lui-même de Normandie, et dans les régions. C'est donc une démarche complètement différente de toute la mafia du boulevard St-Germain. Concernant NKM, quand on a vu ses résultats désastreux à la Mairie de Paris, on se demande ce qui lui passe par la tête. Son ambition semble lui dévorer le cerveau.

    Radio Sputnik. Entre-temps, Nicolas Sarkozy est en train de fonder un nouveau parti dont le nom de baptême serait Les Républicains quoique ce nom soit encore contesté. Quelle serait votre appréciation de cette démarche? Le programme du parti, serait-il foncièrement différent de ce qui fut celui de l'UMP sous l'ancien Président?

    Pascal Mas. La création du nouveau parti, afin d'effacer les initiales de l'UMP auxquelles sont rattachées tout un tas d'affaires telles que Bygmalion, est simplement une opération de maquillage. En ce qui concerne le programme, c'est simple: il n'y en a pas. Dimanche, les délégués de l'UMP ont voté sur deux résolutions: c'est de changer de nom pour s'appeler Les Républicains et il n'y a pas vraiment d'alternative, c'est Les Républicains ou Les Républicains, et la deuxième chose, c'est de voter pour les statuts du parti, c'est-à-dire trouver une forme d'organisation pour qu'une certaine clique puisse avoir la mainmise sur le parti et continuer à bien vivre. Ceci dit, au niveau des idées et du programme, il n'y a rien.

    Il suffit que Nicolas Sarkozy se retrouve à nouveau tel un gourou, comme Patrick Buisson, et ça sera rédigé sur un coin de table 15 jours avant l'élection. »

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    Tags:
    Union pour un mouvement populaire (UMP), OTAN, Patrick Buisson, Alain Juppé, Pascal Mas, Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy, François Hollande, Qatar, France
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