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Forum économique de Saint-Pétersbourg 2016 (36)
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Les premiers deux jours du forum économique de Saint-Pétersbourg (SPIEF 2016) avaient été marqués par une affluence record. Doit-on y voir le signe d'une détente dans les relations entre l'Occident et la Russie ? Et quelles sont les attentes des investisseurs étrangers en Russie?

Des entrepreneurs français racontent à Sputnik leur expérience sur le marché russe et ce qui les préoccupe et encourage dans la situation économique et géopolitique actuelle.

Patrick Pouyanné, PDG de Total, participant du SPIEF 2016 a attiré l'attention des journalistes sur les importants investissements de la compagnie en Russie. Selon M. Pouyanné, Total investit dans des projets tels que le projet gazier Yamal, qui est l'un des plus gros projets et dont le coût s'élève à 30 milliards de dollars. On vient de négocier son financement par des banques russes et chinoises. "C'est donc un grand engagement pour la compagnie, c'est un grand projet du niveau mondial que nous menons en Russie. Malgré les sanctions, nous, nous avançons. Dans l'industrie, il est important de suivre la direction prise, d'avoir une vision à long terme." Le projet d'investissements dans Yamal est prévu pour 30 ans. "Les prix peuvent baisser et augmenter, les sanctions vont expirer", indique Patrick Pouyanné. "Nous, on restera en Russie."

Sodexo Russie est une entreprise française de services présente en Russie depuis plus de 20 ans et presque dans toutes les régions. Son directeur général Edi Perisic est persuadé que le marché russe est incontournable pour les investisseurs étrangers y compris français. Dans une interview accordée à Sputnik il a fait part de son optimisme.

"Je pense que les sociétés occidentales qui sont présentes en Russie ne peuvent pas éviter ce genre de forum. Je pense que c'est une place très importante pour avoir la possibilité de rencontrer les personnes et des partenaires possibles. Beaucoup de sociétés se rendent compte que le marché russe est un marché incontournable et stratégique. Il y a un consensus aujourd'hui qu'il faut accélérer la présence (en Russie)… Je suis convaincu que de toute façon il faut qu'il y ait un accord de libre-échange adapté et adéquat entre la Russie et l'Europe, ça me paraît indispensable. Ça doit être un accord win-win. Les sanctions, c'est quelque chose qui n'est bon pour personne… Il y a beaucoup de questions, d'inquiétude dans les pays européens: il y a pas mal de secteurs qui souffrent de ces sanctions. Grâce à ce type de forum, on peut passer ces idées… pour que les sanctions puissent être levées et les entreprises puissent continuer à investir et se développer dans ce pays."

Après deux cent ans de présence en France, la compagnie française Arc International, spécialisée en arts de la table et de la verrerie, commence à envahir de plus en plus le marché russe. Et les obstacles comme les sanctions ou les problèmes de compétitivité ne l'effrayent pas. Au contraire, l'entreprise a décidé de s'installer à Kaliningrad, deuxième ville russe ou elle a sa production. Tim Gollin, directeur général d'Arc International, a signé vendredi, en présence de l'ambassadeur de France en Russie, un contrat pour 6 milliards de roubles avec le chef de l'oblast de Kaliningrad lors du Forum économique qui se tient à Saint-Pétersbourg. Sputnik a pu interroger M. Gollin après la cérémonie de signature du contrat au Davos russe.

"Nous avons commencé la distribution de notre produit en Russie il y a 25 ans, et nous avons mis en place une présence industrielle à Gous-Khroustalnyy il y a cinq ans. […] Pendant de nombreuses années, la Russie a été un marché fantastique pour nous parce que notre clientèle ici a besoin de produits plus européens, et nous avons des produits de haute qualité qui bénéficient d'une forte demande sur le marché russe. Le marché [russe] est très ample, il y a des possibilités de prendre la place d'autres produits qui sont importés, par exemple, de la Chine. Pour nous, c'est une opportunité d'expansion pendant une période difficile pour l'économie russe mais aussi pour remplacer les produits importés par quelque chose de local dont bénéficiera le client final ici en Russie."

Pour encore un participant du Forum SPIEF 2016, Jean-Philippe Platteau, professeur de l'Université de Namur et économiste, "personne n'a perdu l'espoir d'investir en Russie. C'est considéré comme un marché très important". Et le Forum économique international qui se tient annuellement depuis 20 ans en Russie contribue à créer des échanges importants et productifs entre Russes et Européens.

Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur.

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Dossier:
Forum économique de Saint-Pétersbourg 2016 (36)

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Tags:
investissements, Sodexo, Total, Patrick Pouyanné, Occident, Russie
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