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Syrie: la Russie frappe Daech depuis l'Iran (14)
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Ayant certainement préféré faire passer les nouvelles mises à jour sur le front syrien inaperçues, néanmoins les médias du mainstream se voient obligés d’en faire écho. Et ce n’est pas pour rien.

La Russie et l'Iran sont bel et bien des alliés. Aussi bien en Syrie où ils partagent une vision et une approche commune dans la lutte antiterroriste, et ce depuis le lancement du chaos syrien, de même qu'une vision similaire ou du moins très proche pour l'avenir de la région en général. Ajoutez à cela le fait que les deux pays sont tous deux des partisans engagés du monde multipolaire pour le renforcement duquel Moscou et Téhéran travaillent sans lésiner sur les efforts.

Cette position responsable et qui est restée la même depuis plus de cinq ans, à savoir: le respect de la souveraineté syrienne et de son intégrité territoriale, lutte antiterroriste en faisant de vrais efforts sans des conditions au préalable et sans poursuivre un autre scénario en parallèle, le tout en coordination avec les autorités légitimes de Syrie. Ces efforts communs ont beaucoup contribué aux victoires de l'armée gouvernementale syrienne sur tous les fronts face aux groupes terroristes, de l'aveu même du leadership syrien et aussi (malgré eux) de la part de ceux qui cherchaient un tout autre scénario pour ce pays.

L'alliance stratégique entre la Fédération de Russie et la République islamique d'Iran se renforce à plusieurs niveaux. Déjà au niveau diplomatique. Juste après la récente visite du président turc Erdogan à Saint-Pétersbourg et sa rencontre avec Vladimir Poutine, ayant permis d'officialiser la normalisation des relations russo-turques, le chef de la diplomatie iranienne Mohammad Javad Zarif s'est envolé en Turquie pour rencontrer son homologue Mevlüt Çavuşoğlu et pour ensuite avoir des entretiens avec le Premier ministre turc Binali Yildirim, ainsi que le président Recep Erdogan. Vraisemblablement Moscou comme Téhéran comptent bien utiliser la normalisation des relations entre la Russie et la Turquie pour faire définitivement chavirer la dernière par rapport au conflit syrien. Le tout en coordonnant une fois encore leurs efforts.

Sans parler même encore d'une hypothétique participation de la Turquie à la lutte antiterroriste en Syrie aux côtés de la Russie et de l'Iran (même si ce n'est pas à exclure), l'essentiel étant qu'Ankara adopte l'approche russo-iranienne vis-à-vis de la Syrie, en intégralité ou en grande partie. En d'autres termes: qu'Ankara ne nuise pas et n'essaie pas de retarder la victoire finale sur le terrorisme en terre syrienne. Surtout au moment où la Turquie comprend parfaitement que le président syrien Bachar al-Assad ne tombera pas, au moment où elle a vu l'hypocrisie et les complots la visant de la part des élites occidentales, et la nécessité évidente de reprendre et de développer au plus haut niveau, ne serait-ce qu'économico-commercial, les relations avec la Russie, sans oublier des relations fortes avec l'Iran. De sérieuses chances que cela puisse se confirmer sous peu.

Et ce n'est pas tout. Les bombardiers stratégiques russes Tu-22M3 ont été déployés à la base aérienne de Nojeh à Hamadan (ouest de l'Iran) pour porter de nouvelles frappes contre les terroristes en Syrie. Une première. A cet effet, voici d'ailleurs une partie du communiqué du ministère russe de la Défense relayé par la chaine RT: « Le 16 août, les bombardiers russes à longue portée Tu-22M3 et Su-34 ont frappé des positions de Daech près d'Alep, de Deir ez-Zor, de Jafra et d'al-Bab. Au moins cinq entrepôts d'armes lourdes ont été détruits (…). La base aérienne russe en Syrie ne pouvant pas accueillir des bombardiers à longue portée, les gouvernements iranien et russe ont signé un accord qui permet à la Russie d'utiliser la base de Hamadan. Une telle possibilité raccourcit le temps du vol des avions jusqu'à leurs cibles en Syrie de 60% ». Et qui dit timing plus réduit, dit aussi plus de sorties et au final efficacité plus élevée, d'autant plus à un moment décisif de la guerre contre le terrorisme qui a été imposé à la Syrie. Pour rappel, les bombardiers supersoniques russes étaient basés jusqu'ici à la base de Mozdok, en Ossétie du Nord (sud de la Russie), lieu de départ de leurs frappes récentes contre les cibles terroristes en Syrie.

En tout cas ce nouvel exemple de la lutte conjointe russo-iranienne contre le terrorisme confirme bel et bien l'alliance stratégique qui unie les deux pays. Une alliance qui est appelée à se renforcer encore plus pour l'intérêt aussi bien de la Syrie, que de toute la région, et même du point de vue global, à un moment d'opposition très important entre les partisans du monde multipolaire et des nostalgiques de l'unipolarité.

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Tags:
lutte antiterroriste, Tu-160, Su-34, Russie, Iran
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