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Alors que ses sympathisants se sont réunis ce 27 juin pour célébrer la victoire de Xavier Bertrand aux régionales, un a crié «Xavier Président!». Pour sa part, l’élu évoque sa volonté d’aller à la «rencontre de tous les Français» et à «tracer un chemin d'espoir» pour les classes moyennes et populaires.

«On a tous envie qu'il aille plus loin»: dans son fief de Saint-Quentin, les quelques dizaines d'élus et sympathisants réunis dimanche soir pour célébrer la réélection de Xavier Bertrand à la tête des Hauts-de-France avaient pour la plupart déjà la tête tournée vers l'Élysée.

«Xavier Président!», lance Laurent Dogna alors qu'il filme peu avant 20 heures avec son portable l'arrivée du président sortant du Conseil régional, main dans la main avec son épouse, au palais de Fervaques, où se déroule la soirée électorale.

Lorsqu'on lui demande «président de quoi?», l'homme, venu en famille, répond avec le sourire «À votre avis? On a tous envie qu'il aille plus loin».

Cet électeur, qui n'a plus sa carte de LR depuis cinq ans, car «le système gangréné des partis (le) dérange fort», estime que Xavier Bertrand «a été exceptionnel dans la région».

«On a besoin d'hommes et de femmes politiques connectés, proches des gens!», assure-t-il.

Un «rendez-vous de la confiance»

Dans son bref discours sous les lustres du palais, où se pressent presque autant de journalistes que de sympathisants, Xavier Bertrand ne cherche nullement à occulter ses ambitions nationales.

Lui qui avait décrit de longue date les élections régionales comme son «rendez-vous de la confiance», où une victoire prouverait qu'il a réussi à conquérir «l'électorat populaire», savoure cette confirmation en s'annonçant prêt à aller à «la rencontre de tous les Français» et à «tracer un chemin d'espoir» pour les classes moyennes et populaires.

D'un rapide hommage aux Hauts-de-France, il élargit vite le propos à la «Nation», lançant: elle «a besoin de vous, de votre patriotisme, de votre volonté farouche de voir la France retrouver le premier rang».

Alors qu'avant le premier tour les sondages le donnaient talonné par la liste RN - que M.Bertrand continue à appeler systématiquement FN - menée par Sébastien Chenu, il l'a finalement devancée de 17 points au premier tour et, selon les estimations, d'au moins 25 points au second.

En 2015, Marine Le Pen était arrivée en tête dans la région au premier tour avec 40,6% des voix.

Une autre alternative

Pour Marie-Laurence Maître, adjointe au maire de Saint-Quentin, commune dont M.Bertrand a été maire de 2010 à 2016, et qui figurait sur sa liste dans l'Aisne, plus que la victoire, «c'est surtout l'écart entre son résultat et le FN qui est important et montre qu'une autre alternative est possible, permet d'espérer autre chose» qu'un duel entre RN et LREM en 2022.

L'élue veut voir dans ce résultat un tournant «décisif» dans la vie politique française.

«Cela fait des années que j'ai suivi Nicolas Sarkozy et lui [Xavier Bertrand, ndlr] en même temps, ce sont des hommes qui sont capables», confie aussi la Saint-Quentinoise Martine Taine.

La retraitée s'inquiète toutefois: «il n'est pas à la hauteur de Macron au niveau de la finance, donc est-ce qu'il s'en sortira?», car la politique aujourd'hui est «un panier de crabes».

Xavier Bertrand, qui n'est plus membre de LR et a annoncé en même temps que sa candidature à l'Élysée qu'il ne participerait pas à une primaire, va devoir au lendemain de sa victoire s'imposer au sein de sa propre famille politique.

«Tout le monde va se parler et faire peut-être un "reset"», assure dimanche soir son bras droit, Christophe Coulon. «Il y a eu des clivages, mais maintenant, il faut parler à tous les Français», insiste-t-il.

Il indique que si, dès demain matin, le président reconduit sera présent sur le terrain dans les Hauts-de-France, il «enchaînera sans doute avec quelques déplacements hors de la région», peut-être pour rencontrer d'autres présidents de conseils régionaux.

«Il sera président [des Hauts-de-France, ndlr], mais confiera davantage de dossiers qu'il gérait en direct à d'autres membres de son exécutif», un «président actif mais qui délèguera un peu plus», résume M.Coulon.

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politique, élections, régionales, France
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