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    Assad ne croit pas à Genève-2

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    Conférence "Genève 2" (338)
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    Les Etats-Unis et la Russie comptent beaucoup sur la conférence de paix Genève-2 sur la Syrie. Ce n’est pas l’avis de tout le monde, remarque mercredi 23 octobre le quotidien Kommersant.

    Les Etats-Unis et la Russie comptent beaucoup sur la conférence de paix Genève-2 sur la Syrie. Ce n’est pas l’avis de tout le monde, remarque mercredi 23 octobre le quotidien Kommersant.

    Le forum devrait se tenir fin novembre mais ni l'opposition ni le président Bachar al-Assad ne sont encore prêts à dialoguer. Le président syrien est sceptique quant à Genève-2 et laisse même entendre qu'il pourrait se représenter à la présidentielle de 2014. Il rejette donc de facto l'idée de réconciliation nationale et enlève tout leur sens aux négociations. La position de Damas place la Russie dans une situation embarrassante, alors que cette dernière cherche à persuader l'Occident que l'opposition est le principal obstacle au processus de paix.

    L'interview du président Assad à la chaîne libanaise Al Mayadeen a été diffusée au moment même où la préparation de la conférence de paix sur la Syrie Genève-2 entrait dans une phase décisive. Lakhdar Brahimi, émissaire de l'Onu et de la Ligue arabe qui continue sa tournée au Moyen-Orient, a convenu d’une date pour la conférence avec le secrétaire général de la Ligue, Nabil al-Arabi : les 23 et 24 novembre. Les ministres des Affaires étrangères des "Amis de la Syrie" se sont réunis à Londres, promettant pour leur part de convaincre l'opposition syrienne de venir à Genève.

    Les dernières déclarations du président syrien pourraient refroidir l'ardeur de ceux qui espèrent lancer dans les plus brefs délais le processus de paix en Syrie, avec la participation de tous les camps en conflit. Durant l'interview le journaliste et Assad semblaient avoir changé de rôle : c'est le président qui posait la plupart des questions. Son scepticisme, sa confusion et son irritation concernant Genève-2 étaient perceptibles. "Qui sont les forces qui participeront à la conférence ? Qu'ont-elles à voir avec le peuple syrien ? Représentent-elles notre peuple ou les Etats qui les ont fabriquées ?", s'est indigné Assad. "Quels sont les délais de Genève-2 ?, a-t-il poursuivi. L'important, ce n'est pas la conférence en elle-même mais son succès. Pour l'instant, rien ne le laisse présager."

    Le président a également critiqué les forces extérieures comme l'Occident, les monarchies du Golfe, la Turquie, ainsi que la Ligue arabe et son émissaire Lakhdar Brahimi. "Un médiateur doit être neutre", a souligné le dirigeant syrien. Or la dernière fois que Brahimi s'est rendu à Damas, en décembre 2012, c’était pour appeler Assad à renoncer à la présidentielle de 2014. Après cela, les autorités syriennes ont laissé entendre qu'elles ne souhaitaient pas revoir l'émissaire tant qu'il ne changerait pas d'avis.

    C'est précisément la position intransigeante d'Assad concernant son avenir politique qui fait tiquer l'opposition. Le dirigeant syrien a confirmé qu'il avait l'intention de se représenter en 2014 car "c’est la volonté du peuple".

    Pendant que le président montrait sa réticence à mener un dialogue avec l'opposition, les ministres des Affaires étrangères des 12 Etats qui forment les "Amis de la Syrie" se réunissaient à Londres pour appeler l'opposition syrienne à s'assoir à la table des négociations. "Nous voulons organiser une conférence de paix à Genève avec la participation du régime et de l'opposition", a déclaré le ministre britannique des Affaires étrangères William Hague. Il a rappelé aux "opposants modérés" que s'ils ne participaient pas au processus politique, le peuple syrien devrait "choisir entre Assad et les extrémistes".

    L'un des initiateurs de Genève-2, le secrétaire d'Etat américain John Kerry, a déjà réagi à la déclaration du président syrien. "Il a bombardé et utilisé des gaz toxiques dans son pays. Comment cet homme peut prétendre au pouvoir légitime à l'avenir ?", a-t-il déclaré à Paris à l'issue de son entretien avec les représentants de la Ligue arabe.

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    Conférence "Genève 2" (338)

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