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    L'APCE condamne l'"agression militaire" contre l'Ukraine

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    Règlement de la situation en Ukraine (2014) (2149)
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    L'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE) a adopté une résolution soutenant l'intégrité territoriale de l'Ukraine et condamnant l'"agression militaire" contre ce pays et l'"annexion de la Crimée", écrit jeudi 10 avril le quotidien Kommersant.

    L'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE) a adopté une résolution soutenant l'intégrité territoriale de l'Ukraine et condamnant l'"agression militaire" contre ce pays et l'"annexion de la Crimée", écrit jeudi 10 avril le quotidien Kommersant.

    La délégation russe qualifie ce document de "démonstration la plus monstrueuse de doubles standards de toute l'histoire du Conseil de l'Europe". Tous les amendements soutenus par les députés russes ont été rejetés.

    Les discours des députés européens aux débats d'hier sur l'Ukraine se répétaient parfois presque entièrement. La plupart des membres de l'APCE ont convenu que les actions de la Russie vis-à-vis de son voisin "renvoyaient le monde à l'époque du colonialisme", et que les événements actuels à Donetsk et Kharkov étaient "organisés par le Kremlin". Les députés ukrainiens ont renchéri en accusant la Russie de "compromettre le système de dissuasion nucléaire" et de provoquer une situation semblable à celle qui "précédait la Seconde Guerre mondiale".

    A en juger par la teneur des débats, il était déjà évident que la résolution sur l'Ukraine serait adoptée sous une forme indésirable pour la Russie. Comme l'indiquait également le rejet de toutes les propositions et résolutions soutenues par les députés russes dès l'étape du vote sur les éventuels amendements à la résolution au sein de la commission de suivi.

    Au final, l'APCE a voté pour une résolution reconnaissant la légitimité des nouvelles autorités ukrainiennes et leur exprimant un soutien total. L'Assemblée a également reconnu que la Rada avait rempli les accords du 21 février avec Viktor Ianoukovitch. Les députés européens ont condamné l'ancien gouvernement ukrainien pour "l'implication de tireurs d'élite et l'utilisation d'armes à feu contre les manifestants", reconnaissant ainsi avant même la fin de l'enquête indépendante que l'ex-président était responsable des agissements des tireurs d'élite sur le Maïdan. Le député ukrainien et le nouveau chef du Service de sécurité ukrainien (SBU) Valentin Nalivaïtchenko voulait même inclure dans la résolution une thèse selon laquelle les renseignements russes seraient impliqués dans les actions des tireurs d'élite, mais l'Assemblée n'est pas allée jusque-là.

    Après avoir reconnu que les récents événements en Ukraine avaient creusé le fossé entre l'est et l'ouest du pays, l'APCE s'est toutefois prononcée contre toute "discussion sur la fédéralisation de l'Ukraine en présence d'une pression extérieure" et a recommandé à Kiev d'élaborer une "stratégie pour renforcer le rôle des autorités municipales et régionales et décentraliser l'administration, basée sur les principes d'un Etat unitaire fort". L'Assemblée a statué que les "extrémistes de droite ne s'étaient pas emparés du pouvoir à Kiev" et qu'il n'existait "aucune menace directe pour les droits des minorités", même si elle a reconnu : "De nombreux groupes de la population ukrainienne craignent que leurs intérêts ne soient pas suffisamment représentés par les nouvelles autorités". La Russie a suggéré d'ajouter à la résolution une phrase indiquant que le nouveau gouvernement de Kiev ne bénéficie pas d'un large soutien populaire, ce qui entraînerait à terme un long conflit civil, mais cet amendement a été décliné par la majorité.

    Les députés russes ont protesté de façon virulente contre la décision de l'Assemblée. Le chef de la délégation Alexeï Pouchkov a déclaré que les rapporteurs avaient fait preuve de "solidarité avec des partis racistes", et son adjoint Leonid Sloutski a qualifié le document adopté de "démonstration la plus monstrueuse de doubles standards de toute l'histoire du Conseil de l'Europe".

    Pour couronner le tout, le document inclut même la résolution proposée par les Ukrainiens exigeant le retrait immédiat des forces russes de Crimée.

    Dossier:
    Règlement de la situation en Ukraine (2014) (2149)

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