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    Le yuan, bientôt concurrent numéro un du dollar ?

    © Sputnik . Alexander Yuriev
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    Les sanctions contre la Russie poussent les autorités et les entreprises russes à se tourner vers l'Asie, notamment la Chine, écrit mardi 20 mai le quotidien RBC Daily.

    Les sanctions contre la Russie poussent les autorités et les entreprises russes à se tourner vers l'Asie, notamment la Chine, écrit mardi 20 mai le quotidien RBC Daily.

    Ce qui renforce les positions du yuan, de plus en plus envisagé comme nouvelle monnaie de réserve mondiale. La devise pourra-t-elle vraiment faire concurrence au dollar et si oui, quand?

    Le système monétaire mondial dépend aujourd'hui fortement des Etats-Unis et de l'Europe, dont la stabilité a subi de sérieuses épreuves: les crises de la dette et de l'hypothèque ont fait chuter la confiance envers le dollar et l'euro. La Chine est probablement la seule à posséder les ressources nécessaires pour changer le tableau du monde financier actuel. D'autre part, la crise en Ukraine et les sanctions contre la Russie vont contribuer au renforcement du yuan comme principale monnaie mondiale alternative. La question est de savoir quand cela se produira et dans quelles conditions.

    En 2009 déjà la Chine suggérait d'inclure les monnaies des pays émergents à la structure des droits de tirage spéciaux (DTS) du Fonds monétaire international (FMI), réduisant l'influence du dollar. La structure actuelle des DTS est la suivante: 41,9% pour le dollar, 37,4% pour l'euro, 11,3% pour la livre et 9,4% pour le yuan. La prochaine occasion de créer un système multipolaire arrivera en 2015 car le FMI revoit la structure des DTS tous les cinq ans. Et la Chine peut parfaitement compter sur l'inclusion du yuan. Les Etats-Unis, toutefois, s'opposent formellement à la réforme du FMI.

    Si la réforme n'avait pas lieu et que la pression sur la Russie — par le biais de sanctions — et d'autres pays émergents – par l'augmentation des taux d'intérêt de la Fed et le reflux des capitaux — se renforçait, la Chine aurait deux solutions: accroître l'influence du yuan et le rôle de la Banque de développement des Brics, alternative au FMI. La banque a été définitivement établie en 2013 avec un capital de 50 milliards de dollars et un pool d'investissement total de 100 milliards de dollars, dont la Chine sera le principal contributeur. Ces capacités d'investissement sont constituées par les réserves de change des pays membres.

    Apparemment, la Chine ne souhaite pas simplement faire du yuan la monnaie numéro 1: elle est persuadée que ce processus doit être lent pour diminuer les conséquences négatives de cette décision. Par conséquent, l'évincement du dollar par le yuan d'ici une dizaine d'années est improbable.

    Occuper la niche de monnaie alternative au monde occidental est, par contre, un objectif réaliste et palpable. La Chine met en place l'infrastructure adéquate, en commençant par les quotas relatifs aux investisseurs étrangers pour l'achat d'actions chinoises; puis est apparu le programme pour l'investissement des sociétés chinoises à l'étranger et aujourd'hui se développe activement le marché offshore du yuan à Hong Kong, Singapour, Taïwan et Londres.

    Des swaps de devises (crédits croisés) ont déjà été conclus avec 22 pays pour 2 700 milliards de yuans (430 milliards de dollars), notamment le Brésil, l'Australie, le Royaume-Uni et la Banque centrale européenne (BCE), mais pas encore avec la Russie et les Etats-Unis. La Chine achèvera cette année la création de son propre système de paiement international (CIPS), qui permettra de réaliser des opérations en yuans dans le commerce international aussi facilement qu'avec les dollars. D'ici 2020 un tiers des échanges commerciaux du pays devraient être réalisés en yuans. Pendant ce temps, le système de paiement chinois UnionPay commence à faire de la concurrence à Visa et MasterCard en dehors de la Chine.

    Les sanctions occidentales consécutives à la crise ukrainienne vont également pousser la Russie à passer aux opérations en yuans et d'autres alternatives au dollar. Mais elle n'est pas le principal partenaire de la Chine: avec des échanges commerciaux à hauteur de 89 milliards de dollars (dont les hydrocarbures représentent 68%) la Russie ne représente que 2% du commerce extérieur de la Chine. Même en matière d'exportations pétrolières la Russie est devancée par l'Arabie saoudite, l'Angola et Oman. Mais la Chine a besoin de la Russie pour deux initiatives stratégiques: rétablir la Route de la soie et développer ses régions ouest et nord.

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