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Travailleurs migrants

Les Russes veulent restreindre l'immigration

© Sputnik. Vitali Ankov
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Le problème de l'immigration, repoussé au second plan par les événements en Ukraine, demeure une menace à la sécurité nationale, annonce un rapport de l'Institut de stratégie nationale intitulé "Les risques sociaux de l'immigration", écrit jeudi 31 juillet le quotidien Nezavissimaïa gazeta.

Le problème de l'immigration, repoussé au second plan par les événements en Ukraine, demeure une menace à la sécurité nationale, annonce un rapport de l'Institut de stratégie nationale intitulé "Les risques sociaux de l'immigration", écrit jeudi 31 juillet le quotidien Nezavissimaïa gazeta.

"L'absence de politique gouvernementale cohérente sur ce plan aggrave non seulement la situation, mais change également l'opinion publique en renforçant l'instabilité au sein de la société", affirment les auteurs de l'étude. Selon ces derniers, les autorités russes devraient se préparer à une nouvelle vague d'immigration et de violence politique des immigrés.

Le rapport se réfère aux sondages et souligne que de plus en plus de travailleurs Russes voudraient restreindre l'entrée des étrangers en Russie, et estiment que l'immigration apporte plus de problèmes que d'avantages au pays. Le sentiment d'aversion pour les immigrés est croissant parmi les Russes. Il y a six ans, le même rapport annuel montrait que 17% des Russes considéraient leur venue comme un bienfait pour l'économie russe, alors qu'ils ne sont plus que 6% aujourd'hui. Les Russes étaient 29% — contre 36% actuellement — à accuser les immigrés de créer une concurrence sur le marché de l'emploi et de « voler » le travail de la population russe.

Pour cette raison les arguments justifiant l'appel aux immigrés sont de moins en moins convaincants, indique le rapport. 6% des Russes (contre 15%) associent l'arrivée des étrangers à l'afflux de nouvelles idées et au développement culturel. Auparavant, une personne sur dix espérait que les immigrants aideraient à régler les problèmes démographiques: ils ne sont plus que 4%.

Selon les statistiques du Centre de recherches sur l'immigration, plus de 20% des immigrés – des ressortissants d'Asie centrale – ne parlent pas russe. 50% ne peuvent pas remplir eux-mêmes un simple formulaire. L'Asie centrale représente la principale source d'immigrés en Russie. En 2012, 47% des licences de travail ont été acquises par des Ouzbeks, 22% par des Tadjiks, environ 9% par des Kirghizes, ce qui dépasse en somme les deux tiers du flux migratoire. Bien évidemment, les détenteurs de licences de travail sont loin d'être l'unique catégorie d'immigrés en Russie, mais les proportions par pays peuvent être prises pour référence.

Mikhaïl Remizov, directeur de l'Institut de stratégie nationale, distingue trois principaux aspects du flux migratoire en Russie, qui prédominent depuis le début des années 2000. Premièrement, la distance culturelle conséquente vis-à-vis de la population du pays d'accueil: les immigrés sont majoritairement issus du milieu musulman et rural. La deuxième tendance: le bas niveau de compétences professionnelles et sociales des arrivants. Le troisième aspect important concerne l'âge et le sexe: 87% des immigrants sont des hommes, essentiellement des jeunes. Cela signifie qu'une déformation démographique artificielle se produit dans certaines régions. "Cela entraîne une hausse significative des tensions sociales — violences ménagères, conflits de nature ethnique et violence politisée", explique Mikhaïl Remizov.

La concentration élevée de jeunes hommes dans certaines régions, notamment dans la capitale, la zone frontalière et les provinces industrielles, augmente considérablement les risques d'instabilité sociale. "En même temps, aussi paradoxal que cela puisse paraître, plus les droits fondamentaux des immigrés sont protégés, plus ces risques sont grands", souligne l'expert.

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