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    Les extrémistes ont pris le contrôle de Benghazi

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    Les combattants du mouvement islamiste Ansar al-Charia sévissant en Libye ont annoncé avoir pris le contrôle de Benghazi, la deuxième plus grande ville du pays après la capitale Tripoli, écrit vendredi le quotidien Kommersant.

    Les combattants du mouvement islamiste Ansar al-Charia sévissant en Libye ont annoncé avoir pris le contrôle de Benghazi, la deuxième plus grande ville du pays après la capitale Tripoli, écrit vendredi le quotidien Kommersant.

    Et bien que l'armée ait repris la base militaire capturée la veille par les extrémistes, cela n'a pas marqué le renversement de la situation au profit de l'armée. L'Occident a de fait reconnu l'effondrement total de la Libye, tandis que les pays européens continuent à évacuer d'urgence leurs citoyens et à fermer les ambassades.

    Après Benghazi, les islamistes pourraient prendre le contrôle de toute la région historique de la Cyrénaïque, où sont concentrées les principales réserves pétrolières du pays. La révolution libyenne de 2011 avait commencé par la chute de Benghazi et de la Cyrénaïque, se soldant par le renversement et la mort de Kadhafi. Le nouveau régime postrévolutionnaire pourrait lui aussi commencer à s'effondrer selon un scénario identique. Sauf que les conséquences risquent d'être bien plus tragiques.

    Les combats pour la base militaire des forces d'élite ont duré plusieurs jours. Le commandement militaire libyen a reconnu la perte temporaire de la base comme la défaite la plus douloureuse de ces derniers temps. Alors que les chefs de guerre d'Ansar al-Charia, qui ont publié sur Facebook des photos d'armes et de minutions capturées, ont profité de cette victoire pour proclamer leur propre pouvoir à Benghazi. Le risque d'une défaite définitive a mobilisé les militaires qui ont finalement réussi à prendre une revanche partielle et à reprendre la base militaire. Mais cela n'a pas renversé la situation à Benghazi et dans les environs où quatre des cinq bases et la route stratégique qui mène à la ville sont contrôlées par les combattants d'Ansar al-Charia.

    Un autre figurant clé de la crise libyenne essuie une défaite face aux islamistes radicaux – le général Khalifa Haftar, qui a déclaré la guerre aussi bien aux islamistes qu'au gouvernement provisoire de Tripoli. Mi-mai, le général Haftar, qui s'était distingué dans les affrontements contre l'armée de Mouammar Kadhafi, a annoncé le lancement de l’opération Dignité contre les brigades islamistes. Haftar a considéré comme inacceptable leur soutien du gouvernement provisoire. La rébellion du général a commencé sous le slogan prônant la protection de la Libye laïque précisément à Benghazi, mais s'est rapidement déplacée à Tripoli. Et si la lutte contre les islamistes modérés était une réussite pour Haftar, les extrémistes d'Ansar al-Charia sont adversaire bien plus coriace.

    Le gouvernement du pays s'est de facto distancé de ce conflit. Alors que les partisans du général, au contraire, promettent aux extrémistes "bien des surprises désagréables", en dépit de la série des dernières défaites.

    L'Occident suit l'évolution de la situation en Libye avec bien moins d'optimisme. Les Etats-Unis et plusieurs pays européens ont fermé leurs ambassades et annoncé l'évacuation de leurs concitoyens. La mer reste l'unique moyen pour quitter le pays: l'aéroport de Benghazi est bloqué en raison des affrontements sur place. Les USA, la France, l'Espagne, la Grèce, la Chine et les Philippines ont déjà pris des mesures pour évacuer leurs compatriotes.

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