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Lord Anthony Bamford, célèbre entrepreneur britannique et patron de JCB - une multinationale produisant des engins et du matériel pour la construction, le bâtiment et travaux publics ou encore l'agriculture – pense que les sanctions économiques adoptées contre Moscou sont "absurdes", écrit mardi 5 août le quotidien Nezavissimaïa gazeta.

Lord Anthony Bamford, célèbre entrepreneur britannique et patron de JCB - une multinationale produisant des engins et du matériel pour la construction, le bâtiment et travaux publics ou encore l'agriculture – pense que les sanctions économiques adoptées contre Moscou sont "absurdes", écrit mardi 5 août le quotidien Nezavissimaïa gazeta.

"Elles sont mal pensées et entraîneront la perte d'emplois dans l'industrie britannique", estime-t-il. Les dirigeants des compagnies pétrolières et gazières sont également inquiets. Selon un expert, une partie des milieux d'affaires prône l'assouplissement des restrictions et la conclusion d'accords avec la Russie. Mais le gouvernement britannique et la majeure partie de la population du pays estiment que le Kremlin doit répondre de l'ingérence militaire en Ukraine.

D'après Anthony Bamford, membre de la Chambre des lords, il est absurde que sa compagnie, exportateur et principal fournisseur de matériel de construction en Russie, subisse les sanctions émanant de Bruxelles. Il s'avère en effet que les décisions prises par les diplomates de l'UE "mettent en péril les emplois de l'industrie britannique".

Le journaliste indépendant Andreï Ostalski, qui travaille au Royaume-Uni, rappelle que Bamford est un eurosceptique, un donateur important du parti conservateur, et que ses intérêts commerciaux sont concentrés en dehors de l'Europe. Les Allemands, et dans une moindre mesure les Français, sont des concurrents pour lui sur les marchés extérieurs.

L'industrie pétrolière désapprouve également ces sanctions. Par exemple, le géant BP produit une quantité conséquente de pétrole en Russie. Une partie de la communauté d'affaires fait pression sur le gouvernement pour assouplir les restrictions.

"La City a été également touchée. Mais on estime que le reflux d'argent russe ne sera pas significatif. Les eurosceptiques y sont moins nombreux que dans l'industrie. Quant au gouvernement, il avait averti que les sanctions toucheraient non seulement la Russie, mais aussi le Royaume-Uni. Néanmoins, il était nécessaire de sanctionner la Russie", pense l'expert.

Ce dernier rappelle que le ministre des Affaires étrangères Philip Hammond a d'ailleurs justifié cette politique par le fameux proverbe: "On ne fait pas d'omelette sans casser des œufs".

"Quant à la population, à en juger par les sondages, la majorité des Britanniques soutient les actions du gouvernement. La détérioration de l'attitude envers la Russie a commencé après la mort à Londres de l'ex-agent du KGB Alexandre Litvinenko. Ensuite avec le dossier ukrainien. Quand on entre en contact pour la première fois avec un Britannique, on sent il n'éprouve pas de sympathie pour toi, si tu es Russe", conclut l'expert.

Quel sera le résultat des sanctions adoptées? Les compagnies européennes de plusieurs secteurs cherchent la réponse à cette question, souligne la BBC. Selon les estimations américaines, environ 30% des actifs du secteur bancaire russe ont fait l'objet de restrictions. D'après
Raoul Ruparel du think tank Open Europe, les sanctions affecteront effectivement davantage la Russie que l'UE. Les sociétés russes seront contraintes de chercher ailleurs des financements et des produits de haute technologie. "C'est pratiquement impossible. Mais en Europe, c'est le Royaume-Uni qui subira les plus grandes pertes. Les banques publiques russes cesseront de faire des emprunts et de proposer leurs titres à la City." L'analyste financier de Londres Chris Skinner pense que le capital russe pourrait s'orienter sur d'autres marchés, par exemple Hong Kong ou Shanghai.

De son côté, l'Allemagne s'est même dite prête à subir des pertes plus importantes que d'autres puissances de l'UE pour la cause commune. Elle a notamment retiré au groupe Rheinmetall l'autorisation de construire un centre de formation militaire pour le ministère russe de la Défense à Moulino, dans la région de Nijni Novgorod en Russie. Le coût de l'annulation de cette transaction s'élève à 100 millions d'euros.

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