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    Transcaucasie: vers un rattachement à la Russie en 2015?

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    L'Abkhazie et l'Ossétie du Sud pourraient organiser des référendums l'an prochain en vue de rejoindre la Russie, a appris la Douma (chambre basse du parlement russe), selon le quotidien Novye Izvestia lundi 15 septembre.

    L'Abkhazie et l'Ossétie du Sud pourraient organiser des référendums l'an prochain en vue de rejoindre la Russie, a appris la Douma (chambre basse du parlement russe), selon le quotidien Novye Izvestia lundi 15 septembre. D'après certains députés, cette question serait en cours d'examen au sein de l'administration présidentielle russe. Cependant, cette possibilité nécessite une évaluation minutieuse des conséquences géopolitiques et économiques éventuelles. Les avis des experts divergent: certains pensent que l'expansion territoriale de la Russie est tout à fait plausible car elle a toujours rassemblé autour d'elle des petits peuples. D'autres sont convaincus que ce rattachement brouillerait complètement la Russie avec le peu d'alliés qu'il lui reste et exacerberait l'isolement du pays sur l'arène internationale.

    Vadim Soloviev, vice-président du comité pour la législation constitutionnelle et le développement institutionnel à la Douma, espère que ces informations sont exactes. "Le gouvernement semble enfin avoir pris conscience du fait qu'il fallait rendre la Russie puissante. Aujourd'hui nous subissons des pressions, on nous submerge de sanctions tout en nous menaçant d'isolement. On n'aurait pas osé traiter ainsi un pays puissant. Il est vital pour nous de réunir d'autres peuples, comme notre pays le faisait auparavant. Ce doit être un axe politique à long terme", a déclaré le député.

    "Bien évidemment, il faut d'abord connaître l'avis des habitants d'Abkhazie et d'Ossétie du Sud à ce sujet, et seulement ensuite décider d'organiser des référendums, estime Vadim Soloviev. Si seulement 20% des habitants se prononçaient en faveur de l'adhésion à la Russie en Abkhazie, alors il serait inutile d'organiser un vote. Mais je pense que la majeure partie de la population locale souhaiterait devenir russe, et que  la grande majorité des Russes y réagirait positivement."

    Le député est persuadé que si ces pays étaient rattachés à la Russie, l'Occident ne lui nuirait pas plus qu'il ne l'a déjà fait. "Pour une raison qu'on ignore les Occidentaux sont convaincus que la Russie ne doit pas avoir d'intérêts nationaux et qu'ils sont les seuls à pouvoir en avoir. C'est aujourd'hui que la Russie doit changer! Nous sommes tout-puissants, à condition d'être réunis - on ne nous séparera pas et on ne nous brouillera pas", poursuit le député du parti communiste russe.

    Quant à l'ex-député Alexandre Gourov, il rappelle que le rattachement de ces régions a déjà été évoqué par le passé. "Mais à l'époque ce n'était pas opportun, et ça l'est encore moins aujourd'hui. Le scandale de la Crimée, les problèmes de nos dirigeants dans le sud-est ukrainien… On nous qualifie partout d'agresseurs. Mais pour contrarier tout le monde nous continuons à avancer. Et puis pourquoi faire adhérer l'Abkhazie et l'Ossétie du Sud à la Russie? On les entretiendra comme on le faisait avant. Ces régions sont faibles et ont constamment besoin d'argent. Aujourd'hui, il est primordial pour le Kremlin de s'occuper d'autres problèmes - notamment développer l'agriculture et la science. Les sanctions ont mis à nu tous nos points faibles. Il faut créer des industries, approvisionner le pays en produits nécessaires, au lieu d'endosser un fardeau supplémentaire qui nous vaudrait encore plus de nouveaux problèmes aussi bien politiques qu'économiques", pense Alexandre Gourov. Selon ce dernier, les conséquences de l'adhésion de ces républiques à la Russie seraient bien plus graves qu'à l'heure actuelle. "Le jour viendra où l'Abkhazie et l'Ossétie du Sud elles-mêmes se rapprocheront de nous", conclut-il.

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