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    L'UE commence à douter de l'utilité des sanctions contre Moscou

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    Règlement de la situation en Ukraine (2014) (2149)
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    L'Occident, la Russie et l'Ukraine doivent rester sur leurs gardes pour ne pas perdre ce qu'ils ont déjà acquis, écrit jeudi 6 novembre le quotidien Nezavissimaïa gazeta.

    L'Occident, la Russie et l'Ukraine doivent rester sur leurs gardes pour ne pas perdre ce qu'ils ont déjà acquis, écrit jeudi 6 novembre le quotidien Nezavissimaïa gazeta.

    C'est notamment l'avis formulé par l'ex-chancelier allemand Helmut Kohl dans son livre Par souci de l'Europe, présenté à Francfort-sur-le-Main.

    Le quotidien allemand Bild, qui a publié les meilleurs feuilles de l'ouvrage, voit dans ce livre une "mise en garde contre les malentendus en politique étrangère", notamment au sujet de la Russie – le journal a publié hier le chapitre qui est consacré à l'importance des relations avec ce pays. L'ex-chancelier rappelle que "l'implication de la Russie est existentielle pour la stabilité du système de sécurité européen".

    D'après Kohl, la Russie est le plus grand pays d'Europe, le voisin le plus important et le plus puissant de l'Union européenne. Regrettant leur état actuel, l'ex-chancelier souligne que dans les années 1990, les relations avec la Russie évoluaient lentement mais sûrement.

    Kohl n'hésite pas à critiquer l'Occident. Évoquant l'expansion de l'Otan et de l'UE vers l'est, il écrit qu'à l'époque où il était au pouvoir tout le monde semblait avoir conscience – "davantage les Européens que les Américains" – que cela concernait la sécurité de la Russie. "Nous devons tenir compte de l'avis de la Russie dans son espace stratégique si nous ne voulons pas risquer l'apparition de tensions inutiles", écrit-il. Ce constat est remarquable, mais malheureusement tardif. Se souvenant qu'à une époque il prônait la transformation du G7 en G8 pour intégrer la Russie, l'ex-chancelier est indigné par le "tableau du sommet du G7 de juin 2014", qu'il juge affligeant.

    Dans ces circonstances, avertit Kohl, l'Occident – comme la Russie et l'Ukraine - doit faire en sorte de "ne pas perdre ce qui a été acquis". "Une solution pacifique convenable pour toutes la parties et respectant à la fois le droit des peuples à l'autodétermination doit être trouvée. Mais il faut vraiment le vouloir", estime Kohl.

    L'Allemagne est divisée sur les opinions de l'ex-chancelier. Les passages relatifs à la Russie sont formulés de manière pondérée, mais les avertissements et les suggestions de l'ancien dirigeant ne coïncident pas avec la tactique berlinoise actuelle de pression sur Moscou. Certains médias doutent de la "valeur des conseils de Kohl". Cependant, de plus en plus de doutes se font entendre quant à l'utilité du penchant antirusse dans la politique de l'UE. Il est curieux de constater que le livre de Kohl a été présenté à la presse par le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker.

    Berlin ne semble pas savoir quoi entreprendre par la suite. Merkel ne change toujours pas sa ligne, alors que le ministre des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier suggère d'évoquer le sort des sanctions contre la Russie, bien qu'il critique les élections dans le Donbass et à Lougansk en Ukraine.

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    Pour sa part, le chancelier autrichien Werner Faymann a déclaré qu'il avait toujours douté de la capacité des sanctions à régler la crise ukrainienne. La haute représentante de l'UE pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, Federica Mogherini, est du même avis. Évoquant le problème des sanctions avec la presse, elle a reconnu en soupirant: "On ignore toujours si Moscou changera sa politique à cause de ces sanctions". Ce problème, selon elle, sera soulevé le 17 novembre à Bruxelles pendant la réunion des ministres européens des Affaires étrangères.

    Dossier:
    Règlement de la situation en Ukraine (2014) (2149)

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