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    "Le Maïdan n'a aucun avenir", juge une journaliste italienne

    © Sputnik . Vitaliy Belousov
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    Règlement de la situation en Ukraine (2014) (2149)
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    Le quotidien Rossiïskaïa gazeta publie les notes de voyage de la journaliste italienne Stefania Dzini, qui s'est rendue en Ukraine pour voir le Maïdan de ses propres yeux et connaître l'avis des habitants de Kiev au sujet des événements dans le pays.

    Le quotidien Rossiïskaïa gazeta publie les notes de voyage de la journaliste italienne Stefania Dzini, qui s'est rendue en Ukraine pour voir le Maïdan de ses propres yeux et connaître l'avis des habitants de Kiev au sujet des événements dans le pays.

    "Quand le Maïdan a commencé, j'en parlais comme d'un passé révolté. Le Maïdan disait: Bandera (précurseur du nationalisme ukrainien dans les années 1940) viendra et rétablira l'ordre.

    Cette idée n'a aucun avenir. C'est uniquement une histoire de fratricide. Et pourquoi avoir choisi le modèle de Bandera au lieu du génie Sergueï Korolev, qui est né en Ukraine et a conquis l'espace? Peut-on s'imaginer entendre en Italie – "Mussolini viendra et rétablira l'ordre"?

    Le Maïdan accusait de tous les maux Viktor Ianoukovitch, proclamé dictateur sanguinaire seulement quand il a refusé de signer un accord d'association avec l'UE. Avant cela, il était considéré comme un héros parce que son gouvernement avait davantage avancé en direction de l'Europe que l'Ukraine en 20 ans.

    Maintenant, on dit que le Maïdan a été une révolution de la dignité. Mais où est-elle, cette dignité, quand des villages arrivent à peine à joindre les deux bouts et que les personnes âgées doivent emprunter de l'argent pour acheter du pain? C'est le cas aussi bien dans l'est que dans l'ouest de l'Ukraine. Le Maïdan a fait reculer le pays dix ans en arrière.

    L'Ukraine a toujours été fière d'avoir acquis son indépendance sans aucun coup de feu et qu'aucune effusion de sang ne se soit produite dans le pays en 70 ans. Maintenant, cette guerre stupide coûte plusieurs millions d'euros par jour.

    Il aurait été préférable que cet argent soit volé plutôt que dépensé pour la destruction. On a dit que la Russie était responsable de tous les problèmes, alors qu'elle n'a pas besoin de cette guerre. Elle est un pays gigantesque, avec ses propres problèmes.

    Au début du Maïdan, en décembre, la Russie a signé un accord pour accorder à l'Ukraine un crédit de 3 milliards de dollars. Est-ce que Poutine voulait réellement s'emparer de l'Ukraine en lui accordant un prêt?

    Pour la première fois en 23 ans, une équipe véritablement antirusse est arrivée au pouvoir. La spécificité du nationalisme ukrainien va de pair avec la russophobie. En réalité, après la victoire du Maïdan avec le soutien de l'Europe et de l'Amérique, ceux qui sont arrivés au pouvoir se sont fixés pour objectif de s'éloigner au maximum de Moscou, d'adhérer à l'Otan et à l'UE.

    Il a y seulement trois ans, le terme "nationalisme" était perçu négativement en Ukraine. Aujourd'hui, les notions de patriotisme et de nationalisme sont devenues de plus en plus proches.

    Une catastrophe attend le pays, grave ou très grave, allant jusqu'à l'éclatement de l'Ukraine. Les affrontements ne s'étendront probablement pas. Les parties chercheront plutôt à s'entendre et créer une sorte de zone tampon qui se transformera en trou noir – comme à l'étape initiale de la Bosnie-Herzégovine - qui servira au trafic de tout et n'importe quoi, des drogues aux cigarettes en passant par l'alcool."

    Dossier:
    Règlement de la situation en Ukraine (2014) (2149)

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