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Gazprom change sa stratégie de conquête du marché européen

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Le gazoduc South Stream (382)
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Les ministres de l’Énergie des pays participant au projet gazier South Stream se réunissent aujourd'hui à Bruxelles pour évoquer l'avenir de la coopération énergétique russo-européenne, après que la Russie a décidé d'annuler la construction du gazoduc, écrit mardi le quotidien Novye Izvestia.

Les ministres de l’Énergie des pays participant au projet gazier South Stream se réunissent aujourd'hui à Bruxelles pour évoquer l'avenir de la coopération énergétique russo-européenne, après que la Russie a décidé d'annuler la construction du gazoduc, écrit mardi le quotidien
Novye Izvestia.

Certains partenaires européens de la Russie ont été touchés par cette décision et espèrent encore faire reprendre la construction du gazoduc. De son côté, le PDG de Gazprom Alexeï Miller a annoncé que la compagnie changeait sa stratégie de développement vis-à-vis du marché européen.

Le 1er décembre, le président russe Vladimir Poutine a annoncé pendant sa visite en Turquie la fermeture du projet South Stream, le début de la construction d'un gazoduc jusqu'en Turquie et la création d'un hub gazier à la frontière entre la Turquie et la Grèce. Il avait expliqué cette décision par l'opposition de l'UE, qui ne manifestait pas d'intérêt pour la réalisation du projet.

La réaction en Europe a été très mitigée. En particulier, le ministre serbe des Affaires étrangères Ivica Dacic a déclaré que l'abandon du projet South Stream serait nuisible à la Serbie, qui sera privée d'un itinéraire alternatif d'approvisionnement en gaz, mais également à toute l'UE.

Même la Bulgarie, qui n'avait pas donné son accord pour la construction du gazoduc sous la pression de la Commission européenne, a l'intention finalement d'insister sur la réalisation de South Stream, car c'est un "projet utile pour le pays", comme l'a déclaré hier le premier ministre bulgare Boïko Borissov.

Mais Alexeï Miller a annoncé que le géant gazier russe abandonnait le modèle prévu initialement pour la livraison de gaz au consommateur européen. Après la réalisation du projet turc, en plus du gazoduc Nord Stream qui achemine déjà le gaz jusqu'en Allemagne, l'Europe pourra en acheter à la frontière gréco-turque, puis elle-même gérer son transport jusqu'aux consommateurs. Ce qui explique la préoccupation des pays comme l'Autriche, la Hongrie et la Serbie, qui se trouvent dans un "coin perdu" du point de vue des approvisionnements gaziers, explique Vladimir Feïguine, directeur de l'Institut de l'énergie et des finances. La Bulgarie perdra 3 milliards d'euros d'investissements et les recettes du transit de 18 milliards de mètres cubes de gaz par an.

D'après le PDG de Gazprom, l'UE elle-même a offert à la Turquie le "robinet de gaz" pour l'Europe. La Grèce sera également gagnante avec l'apparition à sa frontière d'un hub gazier et la formation d'une nouvelle plate-forme commerciale avec l'UE. Le ministre grec des Affaires étrangères Evangelos Venizélos a déjà noté que son pays accordait beaucoup d'importance à la mise en place du Couloir énergétique Sud.

Dossier:
Le gazoduc South Stream (382)

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