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    Le siège des Nations unies à New York

    Quatre idées pour sauver le monde

    © AP Photo / Osamu Honda, File
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    L'ancien secrétaire général de l'Onu Kofi Annan et l'ancien premier ministre norvégien Gro Harlem Brundtland constatent que les Nations unies traversent une crise et réfléchissent sur les moyens de rétablir son autorité et ses positions dans le monde, écrit lundi le quotidien Kommersant.

    Les Nations unies ont été fondées il y a 70 ans pour protéger les futures générations de la guerre. Mais compte tenu de la situation actuelle, nous constatons malheureusement que l'organisation n'arrive pas tout à fait à accomplir sa mission. Les hostilités au Nigéria et au Proche-Orient, en Afghanistan et en Ukraine tuent des millions de personnes et remettent en cause la sécurité de ceux qui vivent sur ces points chauds. Et il semblerait que l'Onu ne puisse plus rien faire pour les sauver.

    Nous proposons quatre idées pour renforcer l'organisation et lui permettre d'agir de manière plus efficace.

    Le problème essentiel réside dans le fait que le Conseil de sécurité, censé soutenir la paix et assurer la sécurité au nom de tous les pays membres, ne suscite plus de respect, au moins de la part des combattants qui agissent sur le territoire d'États étrangers ou même des États membres de l'Onu.

    Notre première idée vise à résoudre ce problème. Nous suggérons de remplacer le choix de membres permanents par une nouvelle catégorie de membres du Conseil de sécurité, dont le délai d'activité au sein du Conseil serait beaucoup plus important que celui des membres non permanents aujourd'hui. Qui plus est, ces membres doivent avoir le droit de réélection immédiate. Autrement dit, ces membres seront de fait des membres permanents à condition qu'ils conservent la confiance des autres pays. Nous considérons que cette approche est plus démocratique.

    Deuxièmement, nous appelons les cinq membres permanents actuels à faire une promesse solennelle: agir de telle manière que leurs divergences n'empêchent pas le Conseil de prendre les initiatives nécessaires dans des situations similaires à celle rencontrée en Syrie, dont les habitants souffrent de crimes barbares.

    Ces cinq pays doivent s'engager à ne jamais utiliser leur droit de veto pour protéger leurs intérêts nationaux. Ce droit ne sera applicable que dans le cas où un membre permanent du Conseil estime sincèrement qu'une action proposée ne fera qu'aggraver la situation de ceux qui en souffrent.

    Troisièmement, le Conseil doit faire plus attention aux opinions de ceux qui sont affectés par ses décisions. Si les membres permanents du Conseil de sécurité n'arrivent pas à adopter de décision commune, ils le font souvent à huis clos, sans écouter ceux qui seront directement concernés par leur choix. Ces membres et le Conseil en général doivent désormais octroyer aux groupes représentant les populations des zones de conflit la possibilité d'évoquer leurs points de vue et d'influer sur les décisions de l'organisation.

    Enfin, le Conseil et notamment ses membres permanents doivent faire tout pour que l'Onu obtienne les leaders dont elle a besoin. Ils doivent respecter l'esprit et la lettre de la Charte de l'Onu pour l'élection du secrétaire général et en finir avec des consultations à huis clos concernant les candidats convenables.

    Le rapport de l'organisation The Elders publiée aujourd'hui contient des informations détaillées sur ces quatre propositions. Nous espérons que leur mise en œuvre servira de point de départ au rétablissement des pouvoirs de l'Onu. Nous appelons la population du monde à exiger de leurs gouvernements d'adopter ces propositions en 2015, l'année des 70 ans des Nations unies.

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    Gro Harlem Brundtland, Kofi Annan
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