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Le sommet de l'UE a démarré hier à Bruxelles avec un léger retard en raison des longues négociations à Minsk sur le dossier ukrainien, écrit vendredi le quotidien Nezavissimaïa gazeta.

Les ministres des Finances des pays-membres s'étaient préparés à l'avance en se rencontrant la veille dans la capitale belge pour évoquer les questions les plus pertinentes qui allaient être évoquées au sommet: le prolongement du programme d'aide financière pour la Grèce. Les pourparlers ont duré plus de cinq heures, mais le ministre grec des Finances Janis Varoufakis et ses collègues de l'Eurogroupe n'ont pas réussi à trouver de solution.

Certains aspects des relations entre Moscou et Athènes ont également été évoqués hier soir par téléphone entre le ministre grec des Affaires étrangères Nikos Kotzias et son homologue russe Sergueï Lavrov. La conversation s'est tenue à l'initiative de la partie grecque pour faire suite à la visite de travail du ministre grec à Moscou.

L'entretien avec les partenaires de l'UE a été une bonne opportunité, pour le ministre grec, de présenter à nouveau les différents scénarios pouvant régler le problème de la dette grecque. Mais jusque-là, l'Eurogroupe et la Grèce défendent leurs positions sans vouloir aller au compromis.

Le programme d'aide financière pour la Grèce arrive à échéance le 28 février. Le gouvernement grec du nouveau premier ministre Alexis Tsipras, chef du parti de la gauche radicale Syriza, refuse de le prolonger parce qu'Athènes n'est pas satisfait par le format des relations avec la troïka des créanciers (BCE, Commission européenne, FMI). L'abandon de la politique économique d'austérité était d'ailleurs le point central de la campagne de Tsipras, le nouveau premier ministre du pays.

Le ministre Janis Varoufakis cherche par tous les moyens à alléger la dette de l'État. Il a exposé à ses partenaires de l'UE son plan de restructuration de la dette, qui pourrait s'appuyer sur l'émission d'obligations à court terme. Les sommes ainsi dégagées feraient office de crédit intermédiaire et permettraient à la Grèce d'attendre jusqu'en juin. Le ministre a également évoqué l'éventualité de diviser la dette publique grecque en deux: la Grèce paierait la première partie en partant de la croissance économique actuelle, et le paiement de la seconde pourrait être à durée indéterminée.

Anatoli Bajan, chef du département d'études économiques à l'Institut de l'Europe affilié à l'Académie des sciences de Russie, estime que le problème grec pourrait avoir une autre solution. "La Grèce pourrait annoncer un défaut de paiement. Les créanciers annuleraient alors sa dette partiellement ou complètement. Et le problème ne se poserait plus. En revanche, cette option pourrait provoquer de sérieux troubles à l'économie grecque", explique-t-il.

Il se pourrait également, d'après l'expert, que l'Eurogroupe accepte de restructurer la dette grecque car le défaut serait une issue indésirable non seulement pour la Grèce, mais aussi pour toute l'UE. Pour l'instant la situation tourne en rond: les créanciers ne veulent pas prêter de l'argent à la Grèce, mais ne peuvent pas ne pas le faire… et la dette continue de grimper.

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Tags:
Syriza, Yanis Varoufakis, Nikos Kotzias, Alexis Tsipras, Grèce
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