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    Maison blanche

    Dans le cerveau de la Maison blanche

    Andrea Izzotti
    Lu dans la presse
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    Contrairement aux politiciens américains qui respectent plus ou moins l’éthique professionnelle, George Friedman, fondateur et président de Stratfor, peut se permettre d'être bien plus ouvert, écrit mercredi le quotidien Rossiïskaïa gazeta.

    Dans son discours au Council on Foreign Relations de Chicago, il a expliqué comment Washington pouvait conserver sa domination sur la planète. Il a également identifié les ennemis potentiels des USA.

    Friedman voudrait que le monde actuel soit exclusivement sous le contrôle direct ou indirect des USA. Comment y parvenir? Pas besoin d'aller trop loin pour trouver des exemples. Le scandale en République tchèque a connu une évolution mardi: le président Milos Zeman a fermé la porte du château de Prague à l'ambassadeur des USA, ce dernier ayant critiqué les plans du chef de l'Etat de se rendre à Moscou à l'occasion du 70e anniversaire de la Victoire.

    Mais Friedman considère un comportement aussi impardonnable des fonctionnaires américains comme justifié dans les relations avec le Vieux Continent: car Washington a sa propre vision de la structure du monde. Et l'UE n'y a pas sa place en tant qu'acteur se trouvant sur un pied d'égalité avec l'Amérique. Le président de Stratfor a déclaré: "Les USA n'ont pas de relations avec l'Europe. Nous avons des relations avec la Roumanie, la France et ainsi de suite. Il n'y a pas d'Europe avec laquelle les USA ont des relations quelconques". Cela rappelle forcément la conversation de la sous-secrétaire d'Etat Victoria Nuland avec l'ambassadeur des USA à Kiev en 2014. Nuland avait alors expliqué à son interlocuteur en des termes très crus ce qu'elle pensait de l'Europe unie et de ses dirigeants. Plus tard, elle a présenté ses excuses pour la forme de ses propos, mais pas sur le fond. Il faut savoir que Mme Nuland est une lectrice des notes analytiques de Stratfor.

    "Les USA contrôlent tous les océans de la terre. Personne n'avait encore réussi à le faire. Par conséquent, nous pouvons nous ingérer partout sur la planète, mais personne ne peut nous attaquer. Le contrôle des océans et de l'espace est la base de notre pouvoir", a déclaré Friedman à Chicago, qualifiant cette situation de "répartition de classe".

    Mais il n'y a de répartition de ce genre en Europe, selon lui, où "les Polonais, les Hongrois ou les Roumains évoluent dans un univers complètement différent par rapport aux Allemands. Alors que les Allemands vivent dans une réalité complètement différente par rapport aux Espagnols, et ainsi de suite". Pour Friedman, l'Europe actuelle est un terrain pour les manipulations qui permettent à Washington d'atteindre ses objectifs géopolitiques. Et peu importe si les pays du Vieux Continent se retrouveront impliqués dans des conflits armés.

    Selon lui, "la priorité des USA est d'empêcher que le capital allemand et les technologies allemandes s'unissent avec les ressources naturelles et la main d'œuvre russes pour former une combinaison invincible".

    Friedman ne cache pas qu'en Ukraine, les USA agissent démonstrativement en contournant l'Otan: "On s'en fout de l'Otan. Quand elle devra faire la guerre, on lui dira. Pour l'instant, nous ne faisons que préparer la guerre".

    Mais avec qui les analystes de Washington préparent-ils la guerre? Voici une autre révélation choquante de Friedman: "Si la Russie continue de s'accrocher à l'Ukraine, nous devons stopper la Russie". L'idée est claire: transformer l'Ukraine en un Etat qui "ferait tout pour ne pas mettre en colère les USA" et rapprocher le potentiel militaire de l'Otan à 500 km de Moscou. Créer un "cordon sanitaire" autour de la Russie qui permettra à terme de tenir en laisse l'Allemagne et toute l'Union européenne, a indiqué Friedman fixant les visées américaines.

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    Tags:
    Stratfor, OTAN, Union européenne (UE), George Friedman, États-Unis, Russie
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