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    Protestataires à Skopje

    La Macédoine poussée à la "révolution de couleur"?

    © REUTERS/ Ognen Teofilovski
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    La Macédoine pourrait bientôt traverser le plus grand conflit qu'elle a connu depuis les troubles interethniques du début des années 2000.

    Des manifestations de l'opposition se sont déroulées hier dans la capitale de Skopje, qu'on a déjà baptisées "maïdan macédonien". Les autorités préparent leur propre rassemblement aujourd'hui. Comme en Ukraine, l'Occident et la Russie s'impliquent de plus en plus activement dans la crise macédonienne et ce pays pourrait être leur nouvelle arène de confrontation.

    L'opposition voit dans les protestations de Skopje une "lutte pour l'avenir du pays". Zoran Zaev, leader de l'Union sociale-démocrate, principale force d'opposition du pays, a promis que les manifestations seraient pacifiques et non violentes, mais que les manifestants ne partiraient pas tant que le gouvernement n'aura pas démissionné.

    L'opposition accuse le gouvernement de corruption et d'espionnage de 20 000 opposants, s'appuyant sur la diffusion des enregistrements de police. Les adversaires du premier ministre Nikola Gruevski exigent sa démission et la formation d'un cabinet de coalition.

    Le premier ministre dément toutes ces accusations et n'a pas l'intention de démissionner. Plus encore, les autorités préparent un contre-rassemblement lundi à Skopje. Elles accusent les opposants d'essayer de rejouer dans le pays la version ukrainienne d'une révolution de couleur. "Zaev est une marionnette qui joue le scénario des autres", a déclaré hier Nikola Gruevski.

    Les différends interethniques ont à nouveau fait parler d'eux il y une semaine après un affrontement armé entre la police et des terroristes albanais à Kumanovo. Les autorités voient dans cet incident une tentative de déstabiliser la république, alors que l'opposition estime qu'il s'agit d'une mise en scène du gouvernement pour détourner l'attention de la profonde crise que traverse le pays.

    La semaine dernière, la ministre de l'Intérieur Gordana Jankulovska et le chef de la police secrète Saso Mijalkov ont donné leur démission. Le premier ministre a expliqué leur départ par la volonté d'apaiser la crise — ils figuraient plus souvent que les autres dans les écoutes rendues publiques par l'opposition. Cependant, selon la presse macédonienne, ils ont quitté leur poste après la présentation dans une ambassade occidentale de Skopje des preuves de leurs négociations cachées avec les terroristes albanais qui avaient attaqué Kumanovo.

    L'Occident semble être préoccupé par les événements en Macédoine. Six ambassadeurs occidentaux de Skopje se sont entretenus à huis clos avec Gruevski la semaine dernière, avant de critiquer les autorités. Le premier ministre macédonien et le leader de l'opposition sont attendus mardi au Parlement européen à Strasbourg.

    Moscou suit également de plus en plus près la situation. Durant sa visite à Belgrade vendredi dernier, le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a presque directement accusé l'Occident de préparer une révolution de couleur en Macédoine, qui n'a pas rejoint les sanctions contre la Russie et a soutenu le projet de gazoduc Turkish Stream. Et samedi dernier le ministère russe des Affaires étrangères a annoncé avoir des "preuves tangibles de tentatives extérieures de pousser le pays dans le gouffre d'une révolution de couleur". 

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    Tags:
    révolutions de couleur, Gordana Jankulovska, Zoran Zaev, Saso Mijalkov, Skopje, Occident, Macédoine
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