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La Corée du Nord n'ouvre ses frontières qu'au compte-gouttes, et suivant une logique pas toujours claire.

Les autorités nord-coréennes n'ont ainsi pas autorisé le secrétaire général de l'Onu Ban Ki-moon à entrer sur leur territoire mais des activistes du mouvement international pour les droits de la femme, appelant à l'unification des deux parties de la péninsule coréenne, ont pu se rendre dimanche en Corée du Nord. Elles ont été accueillies à bras ouverts.

Ban Ki-moon devait visiter jeudi dernier la zone industrielle de Kaesong, en Corée du Nord. Cependant, au dernier moment et sans explication, les autorités nord-coréennes ont décidé de ne pas le laisser entrer dans le pays. Par contre elles ont autorisé l'accès à une délégation de 30 représentantes de 15 pays (Royaume-Uni, Colombie, USA, Suède, Japon et d'autres), dont deux lauréates du prix Nobel de la Paix — la Libérienne Leymah Roberta Gbowee et l'Irlandaise Mairead Corrigan Maguire, récompensées entre autres pour avoir organisé des marches pour la paix dans leurs pays. La manifestation qu'elles ont organisée en Corée du Nord était dans le même esprit. Les femmes ont traversé en bus la frontière entre les deux Corées et se sont rendues à Kaesong pour exprimer leur attachement à la cause de la paix et à l'unification de la péninsule. Elles comptaient également y rencontrer des représentantes des femmes nord-coréennes.

Les autorités nord-coréennes ont probablement accepté cette délégation parce que les lauréates du prix Nobel, contrairement à l'Onu où la Corée du Nord est constamment critiquée, n'ont "rien fait de mal" à Pyongyang. Aucune n'a fait de fortes déclarations à l'égard de la Corée du Nord, ce qu'on ne peut pas dire des USA. Ainsi, Mairead Corrigan Maguire s'est publiquement prononcée contre l'octroi du prix Nobel de la paix à Barack Obama en 2009, le qualifiant "d'immérité" et même "honteux".

Quoi qu'il en soit, un "débarquement" étranger pacifique en Corée du Nord a bien eu lieu. Le fait que les délégations étrangères aient voulu se rendre en Corée du Nord à cette période n'est pas un hasard. Le 24 mai 2010, la Corée du Sud avait décrété des sanctions impliquant l'interdiction de tout échange international avec le Nord et restreignant les fournitures d'aide humanitaire. C'est ainsi que le Sud avait réagi au naufrage, deux mois plus tôt, de la corvette sud-coréenne Cheonan coulée par un sous-marin nord-coréen, comme l'a établi la commission d'enquête internationale avec la participation des membres du Conseil de sécurité des Nations unies. 46 personnes avaient péri. Séoul a promis de maintenir les sanctions tant que Pyongyang ne présenterait pas ses excuses. Cinq ans plus tard, la Corée du Sud et les organisations internationales cherchent à mettre un "point" symbolique dans cette affaire. Au cours de la visite de la délégation féminine en Corée du Nord, le ministère sud-coréen des Affaires étrangères s'est dit prêt à lever les sanctions adoptées en 2010. Toutefois, les autorités nord-coréennes nient leur implication dans le naufrage de Cheonan et ont déjà laissé entendre qu'elles ne comptaient pas simplement oublier cet incident. Elles ont exigé une nouvelle enquête internationale et des excuses pour les accusations injustes.

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Tags:
ONU, Mairead Corrigan Maguire, Leymah Roberta Gbowee, Ban Ki-moon, Corée du Nord
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