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    Gaz: l'Europe trouve une alternative à l'Ukraine

    © Sputnik . Igor Zarembo
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    Gazoduc Turkish Stream (94)
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    Alors que la Russie négocie actuellement avec Ankara au sujet du gazoduc Turkish Stream, elle pourrait être aidée par un atout de poids: l'Europe parle de relancer le projet Nabucco avec la participation de Moscou.

    Gazprom est aujourd'hui prêt à toutes les concessions pour ne pas faire traîner les négociations avec les autorités turques. La perspective de rediriger le gazoduc vers la Bulgarie pourrait changer cette posture défavorable.

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    © Sputnik . Mikhail Voskresensky
    Rappelons que le projet Nabucco prévoyait un approvisionnement en gaz contournant la Russie: du Turkménistan et de l'Azerbaïdjan via la Turquie, la Bulgarie, la Roumanie et la Hongrie vers l'Autriche et l'Allemagne. Cependant, le projet a été abandonné en 2013 à cause de problèmes de financement et de l'absence de garanties des fournisseurs de gaz.

    La Russie souhaite aujourd'hui cesser le transit via l'Ukraine et tente de construire un itinéraire alternatif pour les livraisons en Europe — il s'agissait d'abord du projet South Stream, dont la destination finale était l'Autriche mais qui avait été stoppé en raison de divergences avec l'UE. Le holding russe construit actuellement le gazoduc Turkish Stream pour acheminer le gaz jusqu'à un hub à la frontière gréco-turque. Toutefois, aucun contrat contraignant n'a encore été signé.

    Dans le même temps, la Turquie ne s'empresse pas de signer un accord avec la Russie. Et ce n'est pas étonnant: les positions d'Ankara sont bien plus fortes aux négociations que celles de Moscou. Et plus la Turquie fera traîner la signature des accords, plus de concessions et de remises elle obtiendra de Gazprom. La Russie ayant annoncé la cessation du transit ukrainien, elle est ainsi dépendante des décisions d'Ankara. Cependant, la relance de Nabucco pourrait constituer un atout inattendu pour la Russie.

    A moyen terme, la Russie pourrait partager le nouveau Nabucco avec d'autres exportateurs, par exemple l'Iran, qui était étudié comme fournisseur via ce gazoduc. Après tout, les fournitures de gaz iranien en Europe pourraient reprendre prochainement avec la levée des sanctions économiques internationales contre Téhéran.

    Gazoduc. Photo d'illustration
    © Fotolia / Alexander Shevchenko
    La quantité annuelle de gaz russe acheminé par Nabucco pourrait avoisiner les 30 milliards de mètres cubes. Sachant que la capacité potentielle du Turkish Stream s'élève à 63 milliards de mètres cubes, dont 47 milliards sont prévus pour être livrés en Europe.

    À l'heure actuelle, la Russie est effectivement prête à rejoindre tout projet pouvant au moins partiellement réduire le transit ukrainien — ainsi, fin mai, l'ambassadeur de Russie auprès de l'UE Vladimir Tchijov n'a pas écarté la possibilité d'une participation de Moscou au gazoduc transadriatique.

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    Gazoduc Turkish Stream (94)

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    Tags:
    gaz, Turkish Stream, Nabucco (gazoduc), Gazprom, Turkménistan, Azerbaïdjan, Bulgarie, Autriche, Europe, Ukraine, Allemagne, Russie
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