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    Les experts doutent qu'Athènes puisse rembourser ses dettes

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    La crise financière en Grèce (237)
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    La Grèce va bénéficier d'un nouveau paquet d'aide financière de 86 milliards d'euros de l'UE, le troisième depuis cinq ans.

    Un accord préalable a été conclu en fin de semaine dernière entre les représentants du gouvernement grec et de la troïka des créanciers européens. Cependant, selon l'agence Bloomberg, les créanciers doutent qu'Athènes puisse leur rembourser un jour cet argent.

    L'agence Bloomberg a eu accès à un document rédigé par la troïka — Banque centrale européenne (BCE), Commission européenne et Mécanisme européen de stabilité (MES). Il s'agit d'une évaluation de la situation autour de la dette grecque qui s'élève aujourd'hui à plus de 180% du PIB (312 milliards d'euros) et culminera à 201% du PIB en 2016. Les auteurs du rapport sont convaincus que si le niveau d'endettement de la Grèce n'était pas réduit, tous les efforts de l'UE pour sauver le pays d'un défaut seraient vains.

    C'est pourquoi, dans un avenir proche, la Grèce devra tenir plusieurs engagements et adopter les conditions d'austérité imposées par ses créanciers, notamment une réduction des dépenses budgétaires. Conformément au nouveau programme d'aide financière, Athènes doit afficher un déficit primaire de 0,25% du PIB mais arriver dès l'année prochaine à un excédent de 0,5%, à 1,75% du PIB en 2017 et à 3,5% du PIB en 2018.

    De plus, les créanciers attendent de la Grèce des propositions pour former un fonds spécial pour la privatisation des actifs. Le principal objectif de ce fonds, que le gouvernement d'Alexis Tsipras devra créer d'ici la fin de l'année, consiste à placer sous son contrôle divers actifs publics dans les trois prochaines années.

    Toutes ces conditions ont déjà été approuvées par le parlement grec par 222 voix sur 300 députés. Le député Panagiotis Lafazanis, opposé à la politique d'austérité, a déclaré à ses collègues: "J'ai honte pour vous. Nous n'avons plus de démocratie mais seulement une dictature de la zone euro".

    Le paquet d'aide de 86 milliards d'euros convenu avec les créanciers et soutenu par le parlement grec devra encore être approuvé par les ministres des Finances de la zone euro avant le 20 août, date à laquelle la Grèce doit rembourser à la BCE 3,2 milliards d'euros. Le gouvernement grec compte sur une première tranche de 26 milliards, dont 13 servirons à rembourser les crédits déjà contractés, et 10 à recapitaliser les banques.

    De nombreux analystes pointent l'incapacité chronique de la Grèce à rembourser ses dettes. Le président du Centre d'études économiques européennes (ZEW) et professeur d'économie à l'université de Mannheim, Clemens Fuest, appelle à ne pas induire en erreur les citoyens allemands: "Si le Bundestag approuvait le nouveau programme d'aide, il ne serait plus question de prêt mais d'un simple transfert bancaire. Car cet argent ne sera pas remboursé. On cherche à voiler ce fait en prolongeant les délais de remboursement et en réduisant les taux d'intérêt. Mais la Grèce se noie dans les dettes, le FMI vient de le confirmer".

    De son côté, le premier ministre slovaque Robert Fico a déclaré au journal autrichien Der Standard: "Nous ne pouvons pas attendre cent ans que la Grèce rembourse sa dette. Tant que je serais à la tête du gouvernement, la Slovaquie n'annulera pas un centime de la dette grecque".

     

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    Banque centrale européenne (BCE), Mécanisme européen de stabilité (MES), Bloomberg, Union européenne (UE), Athènes, Grèce
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