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    La crise chinoise déteint sur l'Afrique

    © AFP 2019 Federico Scoppa
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    Les pays d'Afrique souffrent du déclin économique chinois.

    Pour un grand nombre d'entre eux, Pékin était effectivement le principal partenaire commercial et une puissante source de financement grâce à la demande chinoise en pétrole, métaux, diamants et autres matières minières dont est riche le continent africain. Mais aujourd'hui, la Chine traverse une crise et doit réduire ses importations de matières premières. Les experts ne considèrent quand même pas la situation actuelle comme catastrophique pour l'Afrique, bien que l'Occident évite de coopérer avec certains pays du continent.

    Le président du Zimbabwe Robert Mugabe a notamment annoncé qu'il pensait lever le pied dans son partenariat étroit avec Pékin et reprendre la coopération avec les investisseurs occidentaux. "Le gouvernement reconnaît l'importance d'un nouveau renforcement des liens avec la communauté internationale", a souligné le dirigeant de 91 ans. Pendant ce temps la Zambie, voisine du Zimbabwe au nord, a dû supprimer des milliers d'emplois et dire adieu aux plans d'élargissement des entreprises à cause de la perte d'intérêt de la Chine pour ses gisements de cuivre.

    En juin dernier, le président angolais José Eduardo dos Santos se trouvait à Pékin à l'invitation personnelle du président chinois Xi Jinping. Le dirigeant africain comptait sur de nouveaux investissements et prêts. Selon le Wall Street Journal, les dirigeants avaient signé un accord sur la construction d'un barrage pour environ 4,5 milliards de dollars.

    Désormais l'Angola, dépendant financièrement de la Chine, est pris en otage de la crise économique qui touche cette dernière. L'agence Moody's Investors Service a déjà annoncé la hausse de la dette publique de l'Angola et le risque d'une chute de sa notation. Ce pays d'Afrique est riche en pétrole et en minerais ferreux, et la Chine avait beaucoup investi dans leur exploitation.

    Selon les investisseurs, les plus grandes économies de l'Afrique orientale (Kenya, Éthiopie, etc.) sont en l'occurrence moins concernées. La réalisation d'importants projets d'infrastructure attrayants pour Pékin continue d'avancer à plein régime. Par exemple la construction de la voie ferrée au Kenya de Mombasa à Nairobi dans laquelle 3,8 milliards de dollars ont été investis. La Banque de Chine finance également la construction d'une voie ferrée en Éthiopie.

    Iakov Berguer, expert à l'Institut de l'Extrême-Orient nuance: "L'Afrique est actuellement dans la même situation que d'autres fournisseurs de matières premières et énergétiques à la Chine — la Russie et l'Amérique latine. La Chine a toujours été une locomotive du développement mondial, la forte croissance économique dans ce pays a assuré une grande partie de l'augmentation du PIB de la planète. Certes, la réduction du rythme de la production et la demande chinoise en déclin affectent négativement la demande de matières premières dans ce pays. Mais il ne faut pas croire que c'est catastrophique pour l'économie mondiale et les pays fournisseurs de matières premières".

    Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur.

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    Tags:
    José Eduardo dos Santos, Robert Mugabe, Angola, Kenya, Zimbabwe, Occident, Afrique, Chine
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