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    Garçon-migrant en Allemagne

    Crise de migration: les Allemands changent d'attitude

    © REUTERS/ Michael Dalder
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    Novye Izvestia
    Crise migratoire (779)
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    Pour la première fois depuis le début de la crise migratoire en Europe, les dirigeants allemands ont émis des critiques à l'égard des migrants.

    Pour commencer, la chancelière allemande Angela Merkel a appelé ses compatriotes à être "logiques" envers ceux qui quittent leur Patrie non pas parce que leur vie y est menacée, mais à la recherche d'une vie meilleure (c'est eux que l'on propose d'expulser). Puis le ministre de l'Intérieur Thomas de Maizière s'est dit surpris de constater que les réfugiés arrivés en Allemagne ne se "comportaient pas du tout comme des gens dans le besoin".

    La chancelière allemande Angela Merkel
    © REUTERS/ Fabrizio Bensch
    Le ministre est notamment étonné de voir que "les réfugiés ont de l'argent pour payer le taxi et voyager à travers l'Allemagne". Il s'est dit préoccupé par le comportement des migrants.

    Pour mieux saisir la dynamique de changement d'attitude des Allemands envers les migrants, il suffit de se tourner vers l'analyse des résultats du sondage de la société Infratest Dimap depuis un mois. Si le 7 septembre, à la question "Craignez-vous l'arrivée de trop nombreux migrants?" 61% des personnes interrogées répondaient "non", le 21 septembre ils étaient déjà 54%, et une semaine plus tard — 47%. A l'heure actuelle, 51% des Allemands craignent l'afflux de migrants contre seulement 38% il y a un mois.

    Les changements sont également flagrants en ce qui concerne la popularité de la chancelière Angela Merkel, favorable à l'accueil des réfugiés politiques de Syrie. Sa cote de popularité permet d'affirmer que le nombre d'Allemands qui soutiennent la politique du gouvernement vis-à-vis des migrants diminue rapidement. Selon les résultats du sondage d'Infratest Dimap rendus publics jeudi dernier, sa cote a baissé à 54% contre 75% en avril.

    "On approche rapidement la limite de nos capacités. Certaines communes allemandes sont déjà débordées", a déclaré au journal Spiegel le vice-chancelier Sigmar Gabriel, chef des sociaux-démocrates qui compte défier Merkel à l'élection de 2017.

    La crise migratoire affecte directement la vie des Allemands. Les salles de sport et de théâtre dans les écoles, les espaces d'exposition et d'autres locaux libres sont déjà transformés en centres d'accueil des réfugiés. Les hauts fonctionnaires commencent à exprimer ouvertement leur mécontentement quant au mauvais comportement des arrivants et craignent une hausse de la criminalité et des attentats.

    Au cours des neuf premiers mois de l'année, le nombre de réfugiés a dépassé le demi-million. Les économistes ont évalué les dépenses approximatives des contribuables allemands pour les migrants à environ 11 milliards d'euros. La déclaration de Merkel selon laquelle l'Allemagne accueillerait uniquement des réfugiés politiques et expulserait les réfugiés économiques n'est pas la seule tentative de réduire le nombre d'étrangers voulant s'installer en Allemagne. A partir du 1er novembre, plusieurs lois sur la démonétisation des prestations pour les réfugiés entreront en vigueur. Par exemple, les allocations de 143 euros par mois par personne seront remplacées par des tickets de rationnement.

    Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur.

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    Tags:
    migrants, Thomas de Maizière, Angela Merkel, Syrie, Allemagne
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