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Crise migratoire (789)
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Les ministres de l'Intérieur et de la Justice de l'UE se sont réunis deux jours à Bruxelles pour évoquer, entre autres, le rôle de la Grèce face à la crise migratoire.

Selon les sources diplomatiques, les participants ont exigé qu'elle prenne des mesures pour contrôler efficacement ses frontières d'ici le sommet de l'UE, qui s'ouvrira le 17 décembre. Dans le cas contraire, Athènes pourrait être exclu de l'espace Schengen.

Certains ministres et hauts responsables de l'UE pensent que la menace d'exclure la Grèce de l'espace Schengen est le seul moyen de persuader le premier ministre grec Alexis Tsipras de tenir ses promesses en matière de politique migratoire. Il s'agit d'une menace sans précédent: jusqu'à aujourd'hui, aucun pays n'avait encore été exclu des accords de Schengen depuis leur signature en 1985. La Commission européenne estime que le renforcement du contrôle frontalier est l'unique moyen de sauver l'espace Schengen et se prépare à la création, d'ici la fin de l'année, de forces frontalières communes.

Bruxelles accuse la Grèce de n'avoir pas accepté l'aide humanitaire et l'intervention de l'agence européenne pour la gestion de la coopération opérationnelle aux frontières extérieures (Frontex), alors même que 740 000 migrants sont arrivés dans le pays cette année. Athènes se voit également reprocher son incapacité à réformer le système de demande d'asile — raison pour laquelle sur les 160 000 migrants qui devaient être envoyés dans d'autres pays de l'UE, seulement 159 individus ont été déplacés.

Athènes rejette ces accusations. L'ambassade de Grèce a diffusé un communiqué indiquant qu'en dépit d'immenses difficultés, le pays tenait ses engagements devant l'UE: il crée des centres d'enregistrement pour les demandeurs d'asile, construit des logements et contrôle les frontières. Le communiqué ajoute que "malheureusement, les cercles européens insistent sur une réalité déformée et continuent de donner l'impression que l'avenir de l'Europe peut être construit sur les peurs, les barrières et l'ostracisme".

La Grèce fait manifestement référence aux pays d'Europe de l'Est, vers où se dirigent principalement les migrants après leur arrivée en Grèce. Ainsi, le premier ministre slovaque Robert Fico a ouvertement appelé à exclure Athènes de l'espace Schengen. Il a souligné que l'UE s'était "officieusement mise d'accord à ce sujet". Fico a ajouté que le 2 décembre, Bratislava avait saisi la Cour européenne de Luxembourg au sujet de la répartition des quotas sur les demandeurs d'asile, imposée de force. Rappelons que cette décision avait été adoptée à la majorité malgré les protestations de la République tchèque, de la Roumanie, de la Hongrie et de la Slovaquie.

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Tags:
migrants, Union européenne (UE), Etat islamique, Alexis Tsipras, Europe de l'Est, Espace Schengen, Athènes, Bruxelles, Grèce
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