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Le test nord-coréen d'une bombe H (2016) (15)
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Les États-Unis et la communauté internationale sont inquiets - à juste titre - des essais nucléaires menés régulièrement en Corée du Nord, écrit jeudi l'agence de presse Regnum. Mais il ne faudrait pas oublier que c'est justement Washington qui pousse Pyongyang à renforcer son arsenal.

En effet, les USA doivent reconnaître que leur politique a contraint la Corée du Nord à organiser pas moins de quatre essais nucléaires ces 10 dernières années. Trois exemples simples permettent en effet de douter des intentions américaines en matière de non-prolifération nucléaire.

Premièrement, les USA n'ont toujours pas ratifié le Traité d'interdiction complète des essais nucléaires (CTBT) qui interdit à tout pays d'organiser le moindre essai nucléaire — civil ou militaire. En effet, le Sénat américain a refusé en 1999 d'adopter cet accord.

Deuxièmement, les USA ont mis à mal le régime global de non-prolifération nucléaire en quittant unilatéralement le Traité sur la limitation des armes stratégiques START. L'administration de George W. Bush a quitté ce traité, en vigueur depuis trois décennies, pour que Washington puisse déployer son système antimissile (ABM) en Europe de l'Est — prétendument pour "lutter contre l'arme nucléaire iranienne". Comment les USA peuvent-ils alors critiquer la Corée du Nord pour être sortie du TNP afin de poursuivre l'élaboration de sa propre arme nucléaire?

Troisièmement, l'administration Obama a lancé un vaste programme de modernisation des trois piliers de ses forces nucléaires: les bombardiers, les missiles au sol et en mer. Ce programme, qui coûtera au budget au moins 350 milliards de dollars sur dix ans et plus de 1.500 milliards de dollars dans les 30 prochaines années, permettra à la Maison blanche de se doter d'un arsenal d'environ 2.000 ogives nucléaires et d'une centaine d'armes nucléaires tactiques. Malgré tout, le président Obama a non seulement appelé à la liquidation définitive de toutes les armes nucléaires mais a prôné également la réduction immédiate de l'arsenal jusqu'à 1 000 unités.

Les États-Unis ne peuvent pas avoir l'un et l'autre. Le pays ne peut pas mobiliser la communauté internationale pour adopter des sanctions contre la Corée du Nord s'il ne remplit pas lui-même ses propres engagements.

Le congrès et l'administration Obama doivent profiter des récents agissements de Pyongyang pour remettre de l'ordre dans leur pays — c'est-à-dire ratifier le TICE, signer un nouveau traité ABM et ralentir la modernisation de l'arsenal nucléaire du pays.

C'est seulement alors que Washington pourra faire la morale à la Chine en disant qu'elle n'adopte pas une position suffisamment ferme vis-à-vis de Pyongyang, comme l'exigeait le secrétaire d'État américain John Kerry.

Dossier:
Le test nord-coréen d'une bombe H (2016) (15)

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Traité d'interdiction complète des essais nucléaires (TICEN), Traité de réduction des armes stratégiques offensives (START), armes nucléaires, Corée du Nord, États-Unis
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