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Après la récente démission des ministres réformateurs du gouvernement ukrainien, qui accusaient ouvertement les autorités de corruption, une autre annonce vient de faire grand bruit au sommet de l’État: le licenciement de Vitali Kasko, vice-procureur général du pays.

Ce dernier déplore que sa première tentative sérieuse "contre la corruption et l'omerta au sein du Parquet" a mené "au résultat inverse: la persécution des initiateurs de cette lutte".

Aujourd'hui, la société civile ukrainienne est face à un choix: soit faire pression sur le pouvoir afin d'obtenir les élections législatives et présidentielles anticipées dans un avenir proche, soit forcer les dirigeants à poursuivre les réformes et à punir leurs collaborateurs corrompus. La deuxième option serait moins traumatisante pour l'Ukraine, mais relève encore de l'utopie.

Des activistes arrivent parfois à influer sur le pouvoir dans certains domaines: hier par exemple, ils ont poussé les ministères de l'Infrastructure et des Affaires étrangères à suspendre le transit des camions immatriculés en Russie via le territoire ukrainien.

Mais en ce qui concerne la crise politique intérieure, le pouvoir ukrainien préfère ignorer les exigences de la société. Cette semaine devrait montrer si le président et le Parlement sont prêts à prouver qu'ils combattent concrètement la corruption au sommet du pouvoir.

Les Ukrainiens commencent à perdre patience. La nouvelle redistribution des pouvoirs au sein du Parquet ukrainien a été "la dernière goutte" pour le jeune procureur Vitali Kasko. D'après lui, le Parquet est "rongé par la corruption et l'omerta", alors que "les postes clés sont occupés par des soutiens de Viktor Pchonka", ancien procureur général qui avait fui l'Ukraine avec l'ex-président Viktor Ianoukovitch.

Malgré une résistance énorme du système, l'équipe du jeune procureur est arrivée à tenir sa promesse en bouclant l'affaire des "procureurs de diamants" pour la transmettre aux juges le 4 janvier dernier. Le procureur général Viktor Chokine a finalement décrété de supprimer le département d'investigation et repris tous ses pouvoirs, en empêchant les enquêteurs de mener l'affaire à bout… "Il n'est pas exclu que ces procès tombent aux oubliettes après mon licenciement", a déclaré hier Vitali Kasko en conférence de presse.

Parallèlement, les quatre ministres démissionnaires — Alexandre Kvitachvili, Iouri Stets, Alexeï Pavlenko et Andreï Pivovarski — ont posé trois conditions à leur retour au gouvernement: l'absence de pression politique et une tolérance zéro envers la corruption; un partage clair des pouvoirs; et la volonté politique réelle de mettre au point les réformes.

Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur.

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Tags:
crise, corruption, Parquet général ukrainien, Vitali Kasko, Ukraine
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