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Le président du Conseil européen Donald Tusk est parti en tournée dans les Balkans pour convaincre les dirigeants de la région d'être plus souples envers les migrants et de ne pas fermer leurs frontières.

La mission est ambitieuse à l'heure où les sentiments hostiles envers les migrants grandissent en Europe. En Macédoine, certains prennent d'assaut les barrières érigées à la frontière et à Calais, en France, les autorités ont commencé à démolir le plus grand camp de réfugiés.

Donald Tusk s'est rendu hier à Vienne avant de visiter Ljubljana, Zagreb et Skopje. Il terminera son voyage de trois jours à Athènes. A chaque escale, Tusk évoquera le problème des migrants avant de rencontrer le 4 mars le secrétaire général et le directeur exécutif de Frontex — l'Agence européenne pour la gestion de la coopération opérationnelle aux frontières extérieures des États membres de l'Union européenne.

La tournée de Donald Tusk s'inscrit dans la préparation du sommet sur les migrants avec la Turquie, le 7 mars, et de la réunion du Conseil européen prévue les 17 et 18 mars.

Les autorités de l'UE soutiennent la principale partisane de la politique des portes ouvertes à l'échelle du continent: la chancelière allemande Angela Merkel, qui continue d'affirmer qu'il faut accueillir les migrants et que l'Europe, déjà peuplée de 500 millions d'habitants, est parfaitement capable d'accueillir un million — probablement moins — de réfugiés de Syrie, pays frappé par la guerre. C'est loin d'être l'avis de tous. Si, l'an dernier, le principal opposant à la politique migratoire menée par Bruxelles était le premier ministre hongrois Viktor Orban, ce dernier est soutenu aujourd'hui par l'Autriche — qui a de facto fermé la frontière avec ses voisins du sud — ainsi que par la plupart des États balkaniques où passent les itinéraires de flux migratoires.

L'installation de clôtures avec des fils barbelés aux frontières n'étonne plus personne dans les Balkans. Les pays de la région, et pas seulement les membres de l'UE, se coupent de leurs voisins dans l'espoir de réduire le flux de migrants, ce qui aggrave considérablement la situation le long des frontières. La récente décision des autorités macédoniennes de fermer sa frontière avec la Grèce aux réfugiés afghans a provoqué des émeutes: une foule de jeunes Afghans a tenté de percer la clôture en faisant "bélier". L'assaut a été concluant. Pour parer l'attaque, les policiers ont dû faire usage de gaz lacrymogène et de matraques.

La situation est tout aussi tendue à l'autre extrémité de l'Europe. En France par exemple, la police est en train de détruire le camp de réfugiés situé dans la banlieue de Calais. Il est proposé aux habitants du camp, qui s'est transformé en quelques années en véritable ville avec ses écoles, mosquées et mêmes hôpitaux, de déménager dans des containers avec tout le confort nécessaire. Cependant, les migrants qui rêvent de traverser la Manche pour se rendre au Royaume-Uni refusent de quitter le camp. Ils opposent une résistance active aux forces de l'ordre et aux démolisseurs. Sans compter les assauts contre les conducteurs de camion qui traversent la Manche dans les deux sens, qui sont victimes des déversements de colère des migrants.

La situation est particulièrement difficile en Grèce — le premier pays européen où arrivent les réfugiés de Turquie. Des dizaines de milliers d'Afghans se sont accumulés dans le pays après le refus de la Macédoine d'accepter des ressortissants afghans, et leur nombre augmente rapidement. Les Grecs ont été soutenus par Angela Merkel, qui a appelé Bruxelles à apporter son aide pour éviter une catastrophe humanitaire.

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Tags:
migrants, Angela Merkel, Donald Tusk
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