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Plusieurs organisations de défense de la nature sauvage ont déclaré hier que des trafiquants d'animaux publiaient activement leurs offres sur Facebook.

Ce cas est loin d'être isolé: depuis plusieurs années le Brésil lutte contre les trafiquants de drogue sur WhatsApp… Mais pourquoi les criminels optent pour ces applications populaires? Et comment les autorités locales combattent ce phénomène?

L'organisation Traffic, créée par le Fonds mondial pour la nature (WWF) et l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), a percé à jour un réseau de trafiquants d'animaux sur Facebook. D'après son dernier rapport en date, les criminels agiraient via des groupes fermés enregistrés en Malaisie occidentale. En se faisant passer pour des acheteurs, les protecteurs des animaux ont rejoint 14 de ces groupes et, en cinq mois, ont relevé plus de 300 annonces de vente d'animaux rares ou en voie d'extinction — des gibbons, des ours malaisiens, des pandas, des tortues et des oiseaux étaient activement achetés en tant qu'animaux domestiques ou pour être revendus. Au total, plus de 100 vendeurs ont été identifiés.

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© Wikipedia / Lionel Mauritson
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Selon Traffic, ces groupes illégaux ont pu voir le jour en Malaisie car dans ce pays, les administrateurs de Facebook ne suivent pas rigoureusement les infractions au règlement du réseau social. En cinq mois d'observation, aucun des groupes n'a été fermé alors qu'ils comptaient presque 68 000 membres.

C'est seulement quand Traffic a fourni les résultats de son investigation à la direction du réseau social pour l'Asie du Sud-Est que l'accès à ces groupes a été immédiatement restreint, et que le personnel de Facebook a promis d'aider les activistes à mettre la main sur les criminels. Tous les documents ont été transmis aux autorités locales qui ont déjà annoncé l'interpellation de plusieurs dizaines de trafiquants. Néanmoins, les défenseurs des animaux craignent que les ventes d'animaux par le biais des réseaux sociaux soient d'une ampleur bien plus grande.

Cependant, toutes ces interdictions ne concernent pas le service de messagerie WhatsApp appartenant à Facebook. Fin 2014, cette application s'est même dotée d'une fonction de cryptage: le message est codé au moment de l'envoi et il ne peut être décrypté que par le destinataire.

Une telle approche de la protection des données a suscité l'inquiétude du FBI, dont le directeur a appelé en août 2015 à fournir aux services de renseignement une clé de décryptage — la réponse fut négative.

Logo de Facebook
© Sputnik . Natalya Seliverstova
Les autorités brésiliennes sont encore plus révoltées par la politique de WhatsApp, utilisé aujourd'hui par plus de 70 millions d'habitants du pays pour contourner le coût élevé des appels et des SMS.

WhatsApp est aussi massivement utilisé pour vendre des armes et des drogues — le Brésil compte officiellement plus d'un million de narcodépendants, dont beaucoup consomment des drogues dures comme le crack et la cocaïne.

La police est pratiquement impuissante car WhatsApp refuse de lui fournir l'accès aux correspondances. Cela force le gouvernement brésilien à employer des méthodes peu traditionnelles pour faire pression sur WhatsApp: fin décembre, après un nouveau refus de fournir à la police des informations sur une affaire criminelle, la messagerie a été entièrement bloquée dans le pays pendant 48 heures. Toutefois, cette décision de justice a été levée le lendemain et plus de 1,5 million de Brésiliens ont commencé à utiliser le service protégé Telegram.

Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur.

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Tags:
trafic de drogue, animaux, drogue, WhatsApp, Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), Facebook, Inc, WWF
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