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D'après le milliardaire américain George Soros, la Chine suit aujourd'hui le même chemin que les USA en 2007-2008 - une croissance active soutenue par une forte augmentation de la dette -, qui avait conduit à l'effondrement des marchés créanciers puis à la récession globale.

"La hausse des crédits en Chine au mois de mars doit être considérée comme un signal d'alarme", déclare le célèbre investisseur.

Selon les dernières informations, les nouveaux emprunts de la deuxième économie mondiale s'élevaient à 2 340 milliards de yuans (362 milliards de dollars) le mois dernier, ce qui est largement supérieur aux prévisions initiales de 1 400 milliards de yuans.

La Chine a déjà accumulé une dette très importante, et continue de le faire activement.

"Cela rappelle les mauvais souvenirs de la crise financière aux USA, qui avait également été alimentée par la hausse de la dette", déclare Soros. Il ajoute que "le tournant pourrait être atteint plus tard qu'on ne l'attend".

Selon le milliardaire, le reflux croissant de capital placé en Chine s'explique par les résultats de la campagne anticorruption, qui rend les investisseurs nerveux et les pousse à sortir leur argent du pays.

En mars, les réserves de la Chine ont augmenté de 10,3 milliards de dollars pour atteindre 3 210 milliards de dollars, ce qui s'explique par une certaine faiblesse du dollar — qui a permis d'accroître le coût des autres devises dans les réserves chinoises.

Mais même avec cette légère augmentation au cours des 12 derniers mois, les réserves de change de la Chine ont chuté de 517 milliards de dollars en valeur monétaire.

Les remarques de Soros ne passeront certainement pas inaperçues à Pékin. Le milliardaire avait déjà déclaré la "guerre au yuan" pendant le Forum économique mondial de Davos, après quoi les médias publics chinois l'avaient fermement attaqué.

Leur colère est légitime car de telles déclarations influencent les investisseurs. En fait, elles exacerbent l'inquiétude concernant l'économie du pays, et ont déjà conduit à des liquidations importantes sur les marchés en début d'année.

Néanmoins, compte tenu de la situation, la Chine devrait entendre d'autres critiques à son égard.

Le montant de sa dette continue d'augmenter et, selon certaines estimations, aurait déjà dépassé les 30 000 milliards de dollars.

Les agences de notation internationales sont également préoccupées par la dette croissante de la Chine. Fitch évalue actuellement la dette souveraine du pays au niveau A+, soit un cran en-dessous de la note de Standard & Poor's et Moody's Investors Service — mais les deux agences ont revus leurs pronostics à la baisse. Les économistes estiment que de moins en moins d'acteurs croient en l'attachement du gouvernement chinois aux réformes structurelles.

Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur.

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Tags:
yuan, économie, dette, George Soros, États-Unis, Chine
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