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    Melania Trump part en guerre contre le cyberharcèlement

    © AFP 2019 Mandel Ngan
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    Tout le monde peut être victime de cyberharcèlement ou de cyberintimidation mais les cibles les plus vulnérables restent les adolescents et les individus avec un physique sortant de l'ordinaire.

    La nouvelle First Lady Melania Trump veut attirer l'attention sur ce problème et a l'intention de lutter contre le phénomène. De nombreux psychologues sont également inquiets des insultes incontrôlées sur internet.

    Melania Trump veut défendre les enfants

    Tout comme les autres femmes de président qui l'ont précédée, la nouvelle First Lady n'a pas l'intention de rester à l'écart de la vie publique et compte laisser sa trace dans l'histoire du pays. Lors d'un discours en Pennsylvanie, Melania s'est dite préoccupée par le cyberharcèlement. L'épouse de Donald Trump a l'intention de tout faire pour protéger les Américains contre ce fléau.

    Selon Melania, la cyberintimidation est tout aussi inadmissible que les insultes dans la vie réelle. L'épouse du nouveau président compte prendre en main les relations entre les adolescents pour régler le problème de l'intimidation virtuelle. Elle a rappelé qu'elle élevait un fils de dix ans, Barron, ce qui lui permettait de savoir à quel point les enfants peuvent être sensibles et fragiles.

    SOS cyberintimidation

    Le nombre d'enfants subissant des intimidations sur internet a augmenté de 88% en cinq ans. En 2016, 4 500 mineurs se sont adressés à l'organisation internationale NSPCC's Childline qui apporte son soutien aux personnes en difficulté, soit 13% de plus qu'en 2015.

    Certains enfants ont peur d'aller à l'école à cause des moqueries car souvent l'intimidation sur internet se transpose dans la vie réelle. "Chaque jour je me réveille avec horreur en pensant que je devais aller à l'école. J'ai peur des moqueries à mon égard. J'ai peur de revenir seule à la maison", raconte une adolescente de 13 ans victime d'attaques d'autres élèves.

    "Dès que j'arrive sur mes pages sur les réseaux sociaux je suis submergée d'horribles messages. Parfois j'ai l'impression que cela ne s'arrêtera jamais."

    La jeune fille a également reconnu qu'elle s'infligeait des dommages corporels pour tenter de libérer sa tension intérieure. "Je n'en peux plus", avoue-t-elle.

    Les jeunes appellent les services d'urgence pour partager ce qu'on leur écrit sur internet — des commentaires offensants sur leur apparence à l'incitation au suicide.

    "Une élève de la classe me harcelait. Elle a publié ma photo sur Snapchat. Elle m'a traité d'obèse et a dit que je n'aurai jamais de petit ami. Parfois j'ai envie de me suicider. Cette fille est populaire à l'école et elle m'a terrorisée toute l'année scolaire", reconnaît une collégienne de 14 ans.

    Des problèmes d'adulte

    La présidente de l'organisation Childline Esther Rantzen est convaincue que le cyberharcèlement est susceptible de détruire la vie des jeunes, notamment aujourd'hui quand on ne peut plus se cacher des haters qui rôdent sur les réseaux sociaux. La cyberintimidation poursuit ses victimes directement dans leur maison.

    "Les adultes, les parents et les enseignants doivent s'impliquer et protéger les victimes. En laissant aller les insultes sur internet cela pourrait tourner à la tragédie", affirme-t-elle.

    Esther Rantzen appelle également les collectifs scolaires à prendre ce problème bien plus au sérieux. "Les enfants doivent comprendre qu'ils peuvent demander de l'aide et la recevoir", dit-elle.

    Répondre par la réussite

    Les nombreux cas d'insultes sur internet visent les adolescents qui sont différents, d'une certaine manière, des autres élèves.

    Le président turc Recep Tayyip Erdogan
    © AP Photo / Basin Bulbul / Presidential Press Service
    Par exemple, Natalia Castellar, 17 ans, a souffert à cause de ses sourcils trop denses.

    La Portoricaine prenait les remarques offensantes trop à cœur mais depuis que son physique a attiré l'attention de l'une des plus grandes agences de mode américaines, la jeune fille ne se cache plus. Son succès dans l'industrie de la mode et sa participation à des sessions de photo n'ont pas fait cesser les attaques sur internet mais désormais elles n'affectent plus cette mannequin à l'avenir prometteur.

    Une histoire similaire est arrivée à la Sénégalaise Khoudia Diop, aujourd'hui mannequin à succès alors que pendant son enfance on se moquait d'elle pour son apparence typiquement africaine.

    "En grandissant j'ai appris à m'aimer et à ne pas faire attention aux choses négatives", explique Khoudia. Elle voudrait que ceux qui rencontrent des problèmes similaires prennent exemple sur elle.

    Tu es la meilleure

    Quand un enfant est victime d'invectives, les parents sont les premiers à devoir leur venir en aide. Il ne faut pas seulement parler aux parents de ceux qui exercent ce harcèlement moral, mais également s'occuper du rétablissement de l'estime de soi de son enfant. Et les réseaux sociaux peuvent aider à le faire.

    Alexandra, Afro-américaine vivant à Los Angeles, a publié sur Instagram une vidéo avec sa méthode pour aider son enfant. "Ce n'était pas la première ni la dernière fois que ma fille a été insultée. C'est pourquoi nous avons décidé de faire un petit exercice", explique-t-elle.

    Alexandra a écrit les traits de caractère positifs de sa fille et lui a demandé de coller cette liste sur le miroir de sa chambre pour l'aider à renforcer sa dignité en empêchant les moqueries d'affecter son estime de soi.

    La vidéo, mise en ligne le 5 novembre, a déjà été visionnée plus de 72 000 fois sur la page d'Alexandra et plus de 1 million de fois sur d'autres services. De nombreuses célébrités ont partagé cette vidéo, y compris la mannequin "plus size" Ashley Graham, qui a soutenu la mère inquiète.

    Un âge dangereux

    Le 14 novembre, le magazine scientifique Pediatrics a publié une étude sur l'état psychologique des jeunes aux États-Unis. On y constate une hausse des troubles dépressifs parmi les adolescents, notamment chez les jeunes filles.

    Coauteur de cette étude, le professeur de psychiatrie du centre médical de l'université de Columbia à New York Mark Olfson est préoccupé par ces résultats, qu'il explique par la dominance de la communication sur internet. Chaque année, un adolescent américain sur onze traverse des crises de dépression — ce qui est particulièrement dangereux à cet âge.

    Le cyberharcèlement déstabilise l'état mental des jeunes. Selon le Centre de contrôle et de prévention des maladies des USA, en 2015 les suicides étaient la deuxième cause la plus répandue de mort des adolescents après la violence physique.

    En Australie, le département d'éducation de la Nouvelle-Galles Du Sud a rapporté 152 cas de cyberintimidation dans les écoles primaires et secondaires en 2016 — sachant que les auteurs des intimidations ne s'arrêtaient pas aux messages insultants en créant ou en diffusant des photos et des vidéos pornographiques. 20% des élèves de la région ont reconnu souffrir de cyberharcèlement. 

    Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur.

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    Tags:
    physiologie, harcèlement, Internet, Melania Trump, États-Unis
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