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    Un cerf-volant symbole de la paix contre la Guerre Froide. Archive photo

    Pourquoi il n'y aura pas de nouvelle Guerre froide

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    Il y a 25 ans jour pour jour était signée la déclaration russo-américaine mettant fin à la Guerre froide.

    Cette déclaration signée par Boris Eltsine et George Bush le 1er février 1992 est certainement un document unique dans l'histoire: il a officiellement fixé la fin d'une "guerre" qui n'a jamais été formellement déclarée.

    Début 1992, le président russe annonçait que les missiles nucléaires seraient détournés des sites américains et d'autres pays occidentaux vers les eaux neutres, et la déclaration conjointe de la Russie et des États-Unis signée à Camp David a officiellement mis un terme à la Guerre froide.

    Dix ans plus tard, le statut fixé par Eltsine et Bush ressemblait déjà plus à une trêve qu'à un armistice car la confrontation globale entre Moscou et Washington avait repris avec une nouvelle force — même si cette fois les deux camps niaient obstinément être engagés dans une "Seconde guerre froide".

    "Dire que la détérioration des relations entre Moscou et l'Occident n'est pas une nouvelle guerre froide n'est pas hypocrite", estime Oleg Boudnitski, professeur à la chaire d'histoire politique du Haut collège d'économie de Moscou.

    "Le terme de Guerre froide désigne une période unique quand il ne s'agissait pas seulement de deux pays ou deux blocs qui s'affrontaient, mais également de deux idéologies. Ni avant ni après, les conflits géopolitiques n'ont résulté d'une lutte idéologique. Aujourd'hui, par exemple, malgré la divergence des intérêts nationaux de la Russie et des USA les deux pays professent, du moins formellement, les mêmes principes: la démocratie, l'économie de marché, etc.", ajoute-t-il.

    Le monde actuel est devenu bien plus complexe. Il est loin d'être seulement bipolaire. Dans la "diversité biologique" contemporaine, il est devenu bien plus difficile pour les diplomates et les hommes politiques de se repérer, de chercher des alliances et de manœuvrer.

    "Bien que la situation mondiale soit aujourd'hui bien plus multifactorielle que pendant l'affrontement entre l'Otan et le Pacte de Varsovie, dans l'ensemble le monde est tout de même devenu plus sûr. Aucune menace régionale, pas plus que le terrorisme, ne poussent aujourd'hui l'humanité au seuil d'une guerre mondiale nucléaire. De plus, ces menaces permettent aux USA et à la Russie de trouver des intérêts communs pour coopérer, y compris dans le domaine militaire. C'était impensable pendant la Guerre froide", conclut Oleg Boudnitski.

    En début de semaine, le secrétaire général de l'Otan Jens Stoltenberg a déclaré que l'Otan n'aspirait pas à une confrontation ou une nouvelle guerre froide avec la Russie, car l'Alliance n'identifiait aucune menace de guerre globale ou à la sécurité de ses membres.

    Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur.

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    Tags:
    guerre froide, George Bush, Boris Eltsine, Occident, URSS, États-Unis
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