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    Moon Jae-in, principal candidat des forces de gauche

    La Corée du Sud va-t-elle basculer "trop à gauche" pour les USA?

    © AP Photo/ Ahn Young-joon
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    Kommersant
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    La Corée du Sud élira son nouveau président le 9 mai.

    Les débats se focalisent actuellement sur le problème nord-coréen, les relations entre l'État et les grandes entreprises ainsi que les perspectives de déploiement du complexe antimissile américain THAAD sur le territoire du pays. Après la destitution de la présidente Park Geun-hye, les forces conservatrices semblaient anéanties mais elles ont relevé la tête fin mars pour miser sur le candidat de gauche "le moins désagréable" pour elles. Quoi qu'il arrive les relations du pays avec les États-Unis seront mises à l'épreuve: les deux principaux candidats adoptent vis-à-vis de la Corée du Nord une position bien moins intransigeante que l'actuelle administration de la Maison blanche.

    Ne voulant pas essuyer les plâtres après Park Geun-hye, les deux favoris présumés des conservateurs — l'ex-secrétaire général de l'Onu Ban Ki-moon et le président par intérim Hwang Kyo-ahn — ont renoncé à la course. Les observateurs se sont alors préparés à l'élection de Moon Jae-in, principal candidat des forces de gauche, qui s'était incliné en 2012 face à Park Geun-hye.

    Toutefois, les réalités de la politique sud-coréennes ont, comme d'habitude, contredit tous les pronostics. La popularité du leader du parti populaire de centre-gauche Ahn Cheol-soo s'est mise à grimper à partir de la mi-mars pour décoller en trois semaines de 7 à 37,3%, pratiquement en égalant la cote de Moon Jae-in (38,5%). Ahn Cheol-soo, médecin, informaticien et entrepreneur, a réussi à redresser sa position pendant la course et a rallié les électeurs conservateurs démoralisés.

    Le thème nord-coréen joue un rôle majeur dans cette campagne après les déclarations belliqueuses des USA et la projection du porte-avions Carl Vinson près des côtes nord-coréennes. La plupart des Sud-coréens sont opposés à ce que Washington mène une politique vis-à-vis de Pyongyang sans consulter Séoul.

    La position traditionnellement plus souple des forces de gauche (dont font partie les deux candidats) par rapport à la Corée du Nord pourrait entraîner un conflit entre le futur gouvernement et Washington. Les USA et les conservateurs sud-coréens considèrent le système antimissile THAAD comme un élément de dissuasion face à Pyongyang, et son installation était prévue pour 2017 sous la présidence de Park Geun-hye. La Russie et la Chine s'opposaient à ce projet, qui estimaient que ce complexe faisait partie de l'ABM global américain, mais également la gauche sud-coréenne.

    Les lancements de missiles incessants de la Corée du Nord et la popularité croissante du THAAD parmi les Sud-coréens (60% d'approbation) ont poussé les candidats à revoir leur position. Ahn Cheol-soo, qui veut gagner les voix des conservateurs, a changé sa position initiale en déclarant qu'il installerait le THAAD car "respecter les accords du gouvernement précédent est une pratique internationale". Moon Jae-in a été plus mesuré et a laissé entendre que c'était au futur gouvernement de la Corée du Sud de décider du sort du THAAD. Il s'est abstenu d'exprimer son propre point de vue pour l'instant.

    Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur.

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    Tags:
    Park Geun-hye, États-Unis, Corée du Sud
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