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Traduction de la presse russe (juillet 2017) (61)
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Il y a cent ans, le 12 juillet 1917, l’armée allemande attaquait les Anglais avec une nouvelle arme, le gaz moutarde, qui a été baptisé ypérite du nom de la ville d’Ypres où la bataille se déroulait en Belgique.

L'ypérite est devenue l'un des plus célèbres produits toxiques de l'histoire.

La découverte de ce gaz a pris du temps — pendant presque un siècle différents chimistes l'avaient synthétisé mais cela ne suscitait aucun intérêt, car on ignorait les caractéristiques toxiques de cette substance.

Tout a changé en 1913. Une éprouvette contenant le gaz synthétisé s'est brisée dans le laboratoire du chimiste allemand Hermann Fischer. Avec deux conséquences: le collègue de Fischer, Hans Clarke, a été hospitalisé pendant deux mois; et Fischer en a rendu compte à la Société allemande de chimie qui coopérait étroitement avec le ministère allemand de la Défense. Un an avant la Grande guerre, et les généraux se sont intéressés aux propriétés toxiques de ce gaz.

Derrière le terme «ypérite» se trouve toute l'histoire du Front Ouest de la Première Guerre mondiale. Cette guerre, entre autres grâce aux écrivains européens, est associée aux tranchées, aux fils barbelés et aux grandes batailles où mourraient des centaines de milliers d'hommes sans que la ligne de front ne bouge réellement.

Et la bataille d'Ypres sur l'Yperlée n'a pas fait exception. C'est ici que l'arme chimique (le chlore) a été utilisée pour la première fois, au tout début de la guerre.

Dans la nuit du 12 au 13 juillet 1917, l'artillerie allemande a bombardé les positions britanniques avec des obus inhabituels, qui explosaient silencieusement en propageant sur les positions de l'ennemi un gaz à l'odeur de moutarde. C'est donc d'après son premier lieu d'utilisation, Ypres, que le gaz moutarde a reçu son nom d'ypérite.

Cette nuit-là l'ypérite a intoxiqué 2.500 hommes, dont 87 sont morts. L'ypérite ne tue pas toujours: seulement 5% des personnes infectées en meurent. Mais ce gaz entraîne un préjudice irréversible pour la santé, provoquant un handicap à vie.

Le gaz moutarde s'attaque avant tout aux yeux et à la peau. Si les yeux du sujet touché ne sont pas protégés, il peut devenir aveugle, temporairement ou pour toujours. Au contact de l'ypérite des abcès se forment sur la peau, et sa pénétration dans les poumons entraîne de graves lésions des voies respiratoires. Des études récentes ont même révélé que l'ypérite était susceptible de conduire à des modifications d'ADN.

L'ypérite est capable de s'introduire dans l'organisme en passant inaperçu, et de se faire sentir seulement quelques heures après l'intoxication. En été le gaz moutarde conserve ses propriétés mortelles même plusieurs jours après la dispersion, et en automne ou en hiver il peut atteindre sa victime pendant des semaines.

L'usage de l'ypérite a été définitivement interdit après l'entrée en vigueur de la Convention sur l'interdiction des armes chimiques (CIAC) en 1997. Au moment de sa signature on comptait 17.440 tonnes de gaz moutarde dans le monde. Rapidement après sa signature, 86% des réserves mondiales d'ypérites ont été détruites, et son élimination continue à ce jour.

Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur de l'article repris d'un média russe et traduit dans son intégralité en français.

Dossier:
Traduction de la presse russe (juillet 2017) (61)

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Tags:
produit chimique, gaz moutarde, gaz, Première Guerre mondiale
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