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    Un soldat américain. Archive photo

    «La guerre est à deux pas, mais les USA ne sont pas au courant»

    © AFP 2017 ROMEO GACAD
    Lu dans la presse
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    Traduction de la presse russe (août 2017) (72)
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    Donald Trump et Kim Jong-un échangent pratiquement tous les jours des déclarations menaçantes qui - si on les prend au mot - préfigurent un échange de frappes nucléaires. Cependant, l'armée, l'aviation et la marine américaine poursuivent leur activité de routine sans l'ombre de préparatifs à une guerre imminente.

    En dépit d'une rhétorique très dure des dirigeants des USA et de la Corée du Nord, l'armée américaine n'affiche aucun signe de préparation stratégique au déploiement des forces et des moyens de l'armée et de la marine. Selon Defense News, en suivant les dernières actualités des agences de presse mondiales ou en lisant les messages du président américain Donald Trump sur Twitter, on pourrait avoir l'impression que les États-Unis sont à un cheveu d'une guerre nucléaire contre la Corée du Nord. Mais, d'après la revue, on semble avoir oublié d'en avertir l'armée américaine.

    La Corée du Nord menace de lancer une frappe nucléaire contre la base aérienne d'Andersen sur l'île de Guam, Donald Trump écrit sur Twitter que les solutions militaires pour régler le problème nord-coréen sont «prêtes», la NBC affirme que les USA ont préparé «un plan pour attaquer les bases de missiles nord-coréennes avec le bombardier B-1 Lancer». Bref, ces derniers temps, les déclarations virulentes ne manquent pas.

    Mais alors qu'à Washington la tension est à son comble dans les discours, le QG d'état-major des forces armées américaines dans l'océan Pacifique semble ignorer que le monde est au seuil d'une guerre nucléaire.

    A la base navale américaine de Yokosuka, le porte-avions à propulsion nucléaire Ronald Reagan reste pacifiquement à quai. A côté de lui est stationné le navire de commandement de la 7e flotte américaine Blue Ridge. Le département d'État n'a pas encore donné l'ordre aux citoyens américains de quitter d'urgence la Corée du Sud et les membres de famille des militaires américains ne sont pas non plus évacués d'urgence de ce pays.

    Les fantassins de marine US n'embarquent pas dans les navires de débarquement, les officiers et les matelots de la 7e flotte américaine ne sont pas rappelés de permission pour accomplir des missions opérationnelles urgentes.

    Les navires américains dotés d'une défense antimissile n'ont pas entamé de déploiement opérationnel dans les eaux qui entourent la péninsule coréenne ou pour défendre l'île de Guam. En d'autres termes, la rhétorique effrénée du président et d'autres politiciens américains correspond peu à la situation réelle dans la région.

    Au cas où, l'armée américaine déclare tout de même que les forces sont «en état d'alerte» et prêtes à parer toute attaque de l'ennemi. «Nous sommes toujours en état d'alerte et nous disposons du nécessaire pour contrer tout menace, y compris émanant de la Corée du Nord», a officiellement déclare le lieutenant-colonel du corps d'infanterie de marine Christopher Logan.

    Les militaires américains suivent souvent, dans leurs déclarations, la ligne politique générale de Washington. En particulier, une information très contradictoire a été rapportée récemment par le commandement de la 3e flotte américaine. Selon cette déclaration, immédiatement relayée par toutes les agences de presse mondiales, le porte-avions américain à propulsion nucléaire Carl Vinson se déplaçait en avant toute en mettant le cap sur la Corée du Nord. Mais il s'est avéré ensuite que le bâtiment se trouvait à des milliers de milles marins de la Corée du Nord dans l'océan Indien.

    La rhétorique militariste dépasse largement les faits réels sur le terrain, et le fond médiatique général correspond peu à la réalité. Plusieurs experts rappellent que la Première Guerre mondiale avait été déclenchée en grande partie à cause d'une telle série de ratés diplomatiques.

    Aujourd'hui, le calme règne au sein des unités américaines dans le Pacifique, et les effectifs poursuivent leur activité de routine.

    «Personne au QG du commandement interarmées dans le Pacifique ne s'arrache les cheveux. Le calme et le professionnalisme règnent, déclare une source de Defense News. Quant au déclenchement imminent d'une guerre nucléaire, ce n'est pour l'instant que la rhétorique de Washington».

    Les bombardiers stratégiques B-1 de la base aérienne d'Andersen, dont parlaient tant les fils d'actualité des agences de presse, n'ont effectué ces derniers temps que des vols dans le cadre du plan de préparation opérationnelle et ne partaient pas en direction de la péninsule coréenne.

    Néanmoins, au niveau officiel, on déclare constamment que les forces armées américaines sont prêtes à défendre la Corée du Sud, d'autres alliés du Pacifique et la partie continentale des USA contre les frappes nucléaires et balistiques de Kim Jong-un. Le général du corps d'infanterie de marine Joseph Dunford, président du comité des chefs d'état-major interarmées, et le général Vincent Brooks, commandant les forces interarmées en Corée, ont notamment déclaré que «les forces et les moyens déployés en Corée du Sud suffisaient pour défendre ce pays contre le dictateur nord-coréen Kim Jong-un».

    Les deux généraux du QG des forces interarmées en Corée du Sud ont déclaré que les spécialistes américains et sud-coréens continueraient d'analyser les menaces émanant de la Corée du Nord et, si besoin, apporteraient des modifications au contingent des forces et des moyens nécessaires pour parer une éventuelle attaque de missiles. Tous les deux ont tenu ces déclarations après avoir rencontré des dirigeants sud-coréens, notamment le président Moon Jae-in, le ministre de la Défense Song Young-moo et le général Lee Sun-jin. Les parties ont réaffirmé leurs engagements d'alliés.

    Les USA et la Corée du Sud souhaitent un règlement pacifique de la crise, a déclaré le chef du comité d'état-major des forces armées américaines. «Je voudrais que Kim Jong-un s'engage à cesser l'élaboration de l'arme nucléaire et les essais de missiles», a souligné Joseph Dunford.

    A la question de savoir ce que ferait le commandement américain si la Corée du Nord tirait des missiles en direction de Guam, le général Dunford a demandé une fois de plus que les journalistes «ne confondent pas les activités militaires avec la politique».

    Aujourd'hui, toute discussion sur une frappe préventive contre la Corée du Nord est prématurée», a déclaré Joseph Dunford. Selon lui, les États-Unis se focalisent actuellement sur la pression diplomatique et économique contre le régime de Kim Jong-un pour forcer la Corée du Nord à renoncer à ses intentions nuisibles. «Nous ne considérons aujourd'hui l'aspect militaire que comme soutien aux efforts diplomatiques et économiques, a poursuivi le général Dunford, et actuellement nous cherchons un règlement pacifique de la crise.»

    De son côté, le général Brooks a réaffirmé que l'alliance des USA avec la Corée du Sud disposait des forces suffisantes et qu'elle était prête à parer la menace nord-coréenne. D'après lui, 28.500 militaires américains se trouvent actuellement sur la péninsule. De plus, les forces armées sud-coréennes comptent 660.000 hommes prêts à prendre la défense de leur patrie à tout moment.

    Le général Brooks a noté le rôle important joué par les exercices militaires conjoints des unités américaines et sud-coréennes. Les manœuvres commenceront sous peu. Le général, comme si cela allait de soi, ajoute que cela provoquera certainement une condamnation de la part de Pyongyang.

    «C'est pourquoi nos exercices conjoints sont si importants, a souligné le général, nous devons avoir un moyen de dissuasion pour appuyer nos efforts diplomatiques. Les menaces émanant de Kim Jong-un sont sérieuses et nous devons être prêts.»

    « La guerre est à deux pas, mais les USA ne sont pas au courant »
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    Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur de l'article repris d'un média russe et traduit dans son intégralité en français.

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    Tags:
    menaces, armée, guerre, Donald Trump, Kim Jong-un, Corée du Nord, États-Unis
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