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    Une plate-forme pétrolière de Pre-Sal

    Un ministre britannique fait du lobbying au Brésil pour des compagnies pétrolières

    Geraldo Falcão/Agência Petrobras/Fotos Públicas
    Lu dans la presse
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    Rossiïskaïa gazeta
    Traduction de la presse russe (novembre 2017) (72)
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    Le gouvernement brésilien a intentionnellement modifié la législation fiscale du pays et a assoupli sa réglementation écologique pour satisfaire les appétits des compagnies énergétiques comme Shell, BP et Premier Oil qui souhaitaient participer à l'exploitation du plus grand champ pétrolier du pays: Pre-Sal.

    Les préoccupations de ces compagnies vis-à-vis de la sévérité des lois et des conditions de leur entrée sur le marché ont été exprimées aux autorités brésiliennes par le ministre britannique du Commerce international en personne, Greg Hands, qui a ainsi endossé le rôle de lobbyiste pour les entreprises britanniques, écrit lundi le quotidien Rossiïskaïa gazeta.

    L'information a été révélée dans le cadre d'une investigation du groupe journalistique Unearthed financé par Greenpeace. Les membres de ce groupe ont demandé au gouvernement britannique (comme le leur permet la loi sur la transparence de l'information) des documents sur la participation de Greg Hands aux négociations avec les ministres brésiliens au sujet de la production pétrolière. Les journalistes ont été surpris de recevoir des documents entiers non rédigés contenant manifestement des informations confidentielles.

    Mais le véritable choc a été provoqué par le contenu d'un télégramme montrant que Greg Hands avait directement fait pression sur son collègue brésilien — le directeur exécutif du ministère de l'Énergie et des Mines Paulo Pedrosa — afin que ce dernier «influence la situation concernant les impôts et les normes strictes de sécurité écologique pour les entreprises». Cette conversation privée a eu lieu à Rio de Janeiro pendant la visite officielle de Hands au Brésil en mars dernier. D'après le document, Pedrosa a alors assuré que son ministère «élaborait» déjà les amendements nécessaires avec les hauts responsables du gouvernement brésilien.

    Résultat des courses: en août les Brésiliens ont annoncé des privilèges fiscaux sans précédent (jusqu'à 300 milliards de dollars) pour l'exploitation de leurs champs pétroliers et gaziers, ainsi qu'une simplification des normes écologiques. En octobre déjà, Shell recevait trois grands blocs de production pétrolière et BP deux. De cette manière, à l'issue des appels d'offres ce sont les compagnes britanniques qui ont obtenu la plus grande partie du plateau continental pétrolifère du Brésil.

    Les diplomates de l'ambassade britannique ont particulièrement noté dans un télégramme que le travail pour l'affaiblissement des «exigences locales sur les contrats» était l'«objectif principal» parce que les britanniques Shell, BP et Premier Oil «seraient les bénéficiaires directs de tels changements». Le ton général des documents laisse également entendre qu'à différentes étapes les Britanniques ont contribué par tous les moyens à ce que les nouvelles autorités brésiliennes renoncent à l'idée du protectionnisme et de la nationalisation vis-à-vis du champ Pre-Sal et ont influencé une décision accélérée pour sa vente à des conditions favorables pour «leurs» compagnies.

    Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur de l'article repris d'un média russe et traduit dans son intégralité en français.

    Dossier:
    Traduction de la presse russe (novembre 2017) (72)

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    Tags:
    production petrolière, lobbying, lobby, pétrole, Greenpeace, British Petroleum (BP), Shell, Brésil, Royaume-Uni
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