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    Manif anti-Trump au Pakistan

    Trump pousse le Pakistan à s'allier avec Pékin et Moscou

    © AP Photo/ K.M. Chaudary
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    Kommersant
    Traduction de la presse russe (janvier 2018) (34)
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    Le Pakistan renonce à la coopération militaro-technique avec Washington, son principal allié.

    Cette démarche sans précédent d'Islamabad, qui avait apporté un soutien majeur à l'opération des USA et de l'Otan en Afghanistan après les attentats du 11 septembre, découle de la décision du président américain Donald Trump de suspendre les programmes d'aide au Pakistan sous prétexte que ce dernier ne remplirait pas ses engagements d'allié et serait, selon le locataire de la Maison blanche, «complice du terrorisme». La suspension des programmes de coopération avec le gouvernement pakistanais, qui avait jusqu'ici le statut de «principal allié des USA hors Otan», constitue le tournant le plus radical de la politique asiatique de Washington, écrit jeudi le quotidien Kommersant. Le Pakistan est aujourd'hui poussé à se rapprocher de la Chine et de la Russie.

    Le ministre pakistanais de la Défense Khurram Dastgir Khan a déclaré que son pays avait «suspendu la vaste coopération avec les USA au niveau de la défense et du renseignement», sans entrer dans les détails. Ce discours sans précédent du ministre, qui a également accusé les USA de «l'échec de leur propre stratégie afghane» et de «tentatives de faire du Pakistan un bouc émissaire», a coïncidé avec un autre geste démonstratif qui ne passera pas inaperçu à Washington.

    La Cour suprême de Peshawar a en effet libéré, pour «raisons de santé», Soofi Mohammed, leader du groupe radical pakistanais Tehrik-e-Nifaz-e-Shariat-e-Mohammadi (TNSM) combattant depuis 2001 le contingent des USA et de l'Otan sur le territoire afghan.

    Les actions des autorités pakistanaises font suite aux récentes démarches de l'administration de Donald Trump, qui ont fait chuter les relations bilatérales au plus bas.

    «Les États-Unis ont bêtement versé au Pakistan plus de 33 milliards de dollars ces 15 dernières années, en échange de quoi nous n'avons obtenu que mensonge et ruses. Nos leaders ont été pris pour des imbéciles. Les Pakistanais accordaient un asile aux terroristes que nous pourchassions en Afghanistan pratiquement sans nous accorder aucune aide. Ça suffit!», s'exprimait Donald Trump dans un tweet publié le 1er janvier.

    Cette réaction, la plus dure exprimée par un président américain envers les actions d'Islamabad, a coïncidé avec les déclarations des responsables du Pentagone et du département d'État américain expliquant pourquoi, dans les relations avec le Pakistan, la Maison blanche avait décidé d'opter pour le bâton au lieu de la carotte. Patrick Evans, l'un des porte-paroles du Pentagone, a annoncé la semaine dernière que Washington suspendait le transfert à l'Islamabad d'une aide financière à hauteur de 900 millions de dollars destinée aux opérations antiterroristes. Cette somme est loin d'être anodine quand on sait que les dépenses du Pakistan pour la défense s'élèvent à près de 8 milliards de dollars.

    Néanmoins, dans une interview accordée au Guardian, le premier ministre pakistanais Shahid Khaqan Abbasi a qualifié l'aide militaire américaine pour Islamabad de «très insignifiante» étant donné que «le Pakistan se trouve en première ligne de la guerre contre le terrorisme». De plus, il a remis en question la légitimité des informations sur l'ampleur de l'aide fournie par les Américains. «Je ne comprends pas de quelle aide américaine il est question. Ces 5 dernières années, cette aide s'élevait à moins de 10 millions de dollars par an. C'est une somme insignifiante. C'est pourquoi, quand je lis dans les journaux que notre aide est réduite de 250, de 500 ou de 900 millions de dollars, j'ignore de quelle aide il est question», a déclaré le chef du gouvernement pakistanais.

    Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur de l'article repris d'un média russe et traduit dans son intégralité en français.

    Dossier:
    Traduction de la presse russe (janvier 2018) (34)

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    Tags:
    Khurram Dastgir Khan, Donald Trump, Pakistan, Afghanistan, États-Unis, Russie
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