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    Les Kurdes syriens

    Syrie: Ankara avertit que son opération ne se limitera pas à Afrin

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    Nezavissimaïa gazeta
    Traduction de la presse russe (janvier 2018) (51)
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    Le Kurdistan syrien espère que la Russie parviendra à empêcher l'opération turque contre Afrin, a déclaré Farhat Patiev, membre du congrès national du Kurdistan. Toutefois, rien n'indique que la Turquie renoncera à ses revendications vis-à-vis de l'enclave kurde.

    Selon les experts, il ne faut pas s'attendre à une réaction dure des USA, partenaires de longue date des Kurdes. Selon le quotidien Nezavissimaïa gazeta.

    «Les Kurdes souhaitent le règlement de la crise syrienne et ont un plan concret pour y parvenir, a déclaré Farhat Patiev. Ils attendent que la Russie, qui aspire à mettre un terme à la guerre dans cette région, soutienne leur initiative.»

    Les autorités turques affichent ouvertement leurs ambitions au nord-ouest de la Syrie. Ainsi, le ministre turc des Affaires étrangères Mevlüt Cavusoglu a déclaré hier qu'Ankara pourrait élargir la zone de son opération: «Les mesures de précaution de la Turquie contre les unités de protection du peuple (YPG) et le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK, considéré comme une organisation terroriste par Ankara) ne peuvent pas se limiter uniquement à Afrin. L'opération pourrait être menée à Manbij et à l'est de l'Euphrate», a-t-il déclaré à Vancouver après son entretien avec le secrétaire d'État américain Rex Tillerson. Le chef de la diplomatie turque n'a pas manqué de souligner que les plans des USA de créer des forces de sécurité frontalières en Syrie «infligeaient un préjudice irréparable aux relations» entre Ankara et Washington.

    Les experts turcs expliquent l'aspiration d'Ankara à prendre le contrôle du territoire d'Afrin par les intérêts de sécurité nationale turcs. Premièrement, de nombreux groupes considérés par la Turquie comme des prolongements de l'organisation YPG y sont concentrés. Deuxièmement, différentes opérations ont été organisées à partir de cette région en direction du territoire turc. Troisièmement, les Américains y ont envoyé pendant longtemps leurs armements. La Turquie s'inquiète que ces armements puissent être utilisés contre elle. Enfin, Ankara ne peut pas admettre la création le long de sa frontière d'un État artificiel qui serait contrôlé par des acteurs extérieurs.

    De son côté, Washington a décidé de prendre ses distances vis-à-vis des Kurdes. «La Turquie est un allié très important, qui a beaucoup de valeur pour l'Otan. Nous avons de nombreux liens avec le gouvernement turc. Concernant ce qui se passe en Syrie, les États-Unis y sont présents pour éliminer Daech», a déclaré la porte-parole du département d'État américain Heather Nauert. Le porte-parole de l'état-major de l'opération internationale Inherent Resolve Ryan Dillon a noté que les USA ne travaillaient pas à Afrin. «La mission de la coalition n'a pas changé: vaincre Daech dans certaines régions de l'Irak et de la Syrie et réunir les conditions pour les futures opérations visant à améliorer la stabilité régionale.»

    De leur côté, les experts russes supposent que les autorités américaines ne seront pas opposées à une prise hypothétique des régions de l'enclave kurde. Les Américains sont probablement prêts à sacrifier cette enclave pour réaliser leur plan de créer un groupe militaire de 30.000 hommes sur d'autres territoires contrôlés par la coalition internationale — les cantons kurdes situés à l'est de la Syrie.

    La Russie ne s'est pas encore fermement prononcée concernant l'aventure turque à Afrin. A en juger par les déclarations des représentants russes, Moscou est enclin à céder à Ankara plutôt que de l'empêcher de s'emparer de certaines régions de l'enclave kurde. D'après les observateurs, il est peu probable que la Turquie se décide à s'emparer de tout le canton.

    Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur de l'article repris d'un média russe et traduit dans son intégralité en français.

    Dossier:
    Traduction de la presse russe (janvier 2018) (51)

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    Tags:
    Kurdes, Russie, Syrie
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