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    Des soldats soviétiques attaquent une position allemande

    Les négociateurs militaires ont aussi contribué à la victoire de Stalingrad

    © Sputnik. Oleg Knorring
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    Nezavissimaïa gazeta
    Traduction de la presse russe (février 2018) (59)
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    Nous commémorons aujourd'hui les 75 ans de la bataille de Stalingrad, combat épique qui a changé le cours de la Seconde Guerre mondiale.

    La défaite de Moscou avait rendu Hitler furieux, se souvient vendredi le quotidien Nezavissimaïa gazeta. Ses espoirs de prendre rapidement la capitale soviétique étaient brisés, et ses projets de mettre rapidement la main sur le pétrole caucasien sont restés sans suite, tout comme ses ordres de stopper les cargos militaires se dirigeant vers Moscou par la Volga depuis les régions méridionales du pays. Les troupes allemandes ont subi leur première défaite écrasante depuis le début de la guerre et ont été obligées de se retirer.

    Mais Hitler avait des plans plus larges. Son projet de lancer pendant l'été une nouvelle offensive sur le front de l'Est s'est transformé en plan de nouvelle campagne. Le 5 avril, ce projet a été définitivement adopté sous le nom de «directive № 41».

    Une importance particulière y était accordée à Stalingrad. Par cet ordre, Hitler espérait prendre le Caucase et anéantir la ville portant le nom de Staline. Beaucoup d'historiens considèrent sa commande de détruire Stalingrad avec des armes lourdes comme une volonté manifeste de donner une gifle à Staline et d'exercer une pression psychologique sur le leader soviétique. En réalité, son projet était beaucoup plus large. Suite à la prise de Stalingrad, il envisageait de réorienter ses forces principales de frappe vers le nord, de couper Moscou de ses arrières et de lancer une offensive générale vers la capitale depuis l'est et l'ouest.

    Toutes les missions militaires et diplomatiques de l'URSS à l'étranger ont travaillé avec abnégation pendant la bataille épique de Stalingrad. Mais quelles informations ont été obtenues en 1942 par les diplomates militaires qui se trouvaient loin du front de l'Est?
    Hitler a adopté la directive № 41 le 5 avril 1942 mais Moscou connaissait déjà ses clauses principales grâce au travail des diplomates soviétiques militaires.

    On ne sait pas exactement quand l'état-major général de l'armée de terre allemande a lancé l'élaboration de la directive mentionnée, mais Moscou a reçu le premier message concernant les projets d'offensive d'Hitler sur le font de l'Est au printemps de l'appareil de l'attaché militaire auprès de l'ambassade de l'URSS à Londres le 3 mars 1942.

    Le 15 mars, Dolly — l'une des sources du capitaine Kozlov qui faisait partie de l'appareil de l'attaché militaire — a transmis le contenu des conversations entre l'ambassadeur japonais à Berlin et le ministre allemand des Affaires étrangères Joachim von Ribbentrop, qui avaient eu lieu le 18, le 22 et le 23 février et étaient consacrées à la future campagne sur le front de l'Est.

    Par ailleurs, en janvier 1942, cette source a commencé à transmettre à Kozlov des copies des messages radio déchiffrés par les Britanniques grâce à la prise de la célèbre machine de chiffrement Enigma.

    Ces informations, ainsi que d'autres messages de Dolly concernant la position des troupes allemandes encerclées à Stalingrad, étaient transmis directement à Staline, Joukov et Vassilevski.

    L'existence de cette source n'était connue à Moscou que par un cercle très restreint de responsables. Son vrai nom reste toujours inconnu.

    Ainsi, la diplomatie militaire soviétique a découvert les projets stratégiques du commandement allemand au premier semestre 1942 et a continué de rechercher des informations sur les futurs plans des Allemands au sud du front de l'Est et sur le transport des réserves de l'armée allemande vers la région de Stalingrad.

    Au cours des préparatifs dissimulés de l'offensive allemande vers le Caucase, le général-major Ivan Skliarov, attaché militaire de l'ambassade soviétique en Grande-Bretagne, a tenté d'établir un échange d'informations avec l'attaché militaire américain à Londres. Sa position était parfaitement rationnelle: des alliés doivent en principe former une entraide désintéressée dans la lutte contre l'ennemi commun. Son expérience de coopération avec les Américains dans ce domaine s'est pourtant avérée décevante.

    Skliarov était privé d'accès aux informations des services de renseignement des alliés, mais les services soviétiques pouvaient les obtenir par d'autres sources. Compte tenu des assertions justes du chef du renseignement militaire et du besoin de l'état-major en informations diversifiées sur l'adversaire, Skliarov a intensifié son travail avec l'agent Dolly.

    Les informations de Dolly étaient parfois cruciales. Les messages transmis par cette source ont été notamment pris en considération lors de l'organisation de la contre-offensive de l'armée soviétique à Stalingrad.

    Les efforts des diplomates soviétiques ont permis d'obtenir, bien avant le début de l'opération soviétique à Stalingrad, pratiquement toutes les informations sur les groupement des forces de l'ennemi, ainsi que sur la puissance et la défense des unités de l'adversaire.

    Gano, une autre source importante, a aussi transféré des informations importantes lors de la bataille de Stalingrad. Ainsi, le 6 octobre, Alexandre Sizov, attaché militaire auprès des gouvernements polonais, yougoslave et tchécoslovaque à Londres, a reçu de sa part les données complètes sur le nombre et la position des réserves de l'armée allemande sur le front de l'Est.

    La victoire très attendue dans la Seconde guerre mondiale, unique dans l'histoire, a été forgée par les efforts de millions de personnes pratiquant des métiers différents dans le monde entier. Les diplomates militaires soviétiques y occupent une place très honorable. Leur amour de la patrie et leur foi inébranlable en son avenir leur ont donné la force d'esprit qui leur a permis d'obtenir une victoire importante — mais pratiquement inconnue pendant de nombreuses années. Ils ont apporté une contribution énorme à la victoire dans la bataille de Stalingrad. Leur exploit au nom du bien-être de l'humanité est resté dans nos cœurs et doit rester dans la mémoire de nos enfants.

    Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur de l'article repris d'un média russe et traduit dans son intégralité en français.

    Dossier:
    Traduction de la presse russe (février 2018) (59)

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    Tags:
    bataille, Seconde Guerre mondiale, Stalingrad
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